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Sanofi et l'avenir du médicament

Jeudi 23 Février 2017




La commission des affaires économiques a organisé une table-ronde sur l'avenir des industries du médicament. Quelques jours après avoir reçu l'intersyndicale du leader français, Sanofi, nous avons eu l'occasion d'interpeller la direction (qui n'a que très vaguement répondu).


Restructuration de SANOFI

Le branche chimie de Sanofi produit des principes actifs pour la fabrication de médicaments vendu par SANOFI et pour d'autres laboratoires – une activité pour tiers. L’intersyndicale nous a alertés sur le projet de la direction qui veut séparer en deux la branche chimie de Sanofi: d'un côté la chimie SANOFI, de l'autre la chimie pour tiers qui constituerait une entité juridique distincte, une filiale avec un éventuel partenaire. L'intersyndicale craint un désengagement voire une cession de cette activité. Les syndicats démontrent que la séparation artificielle entre activité propre et activité pour tiers fragilise un modèle économique, la production de certains produits et des sites industriels qui aujourd'hui font les deux activités. La production propre est plus rentable mais moins volumineuse, la production pour tiers est moins rentable mais plus volumineuse. Le projet de réorganistion va venir remettre en cause cette économie. Ce projet de réorganisation s'inscrit dans une décennie de restructuration permanente qui a rendu méfiantes les organisations syndicales qui ont constaté que les enjeux financiers sont souvent forts que la logique industrielle et la santé publique.

Question sur les enjeux industriels

"En tant que rapporteur du budget pour les crédits de l’industrie, j’ai rencontré le groupe Sanofi parmi d’autres acteurs industriels, afin de mesurer les effets du CIR et du CICE, un an après la mise en œuvre du pacte de responsabilité issu du rapport de M. Louis Gallois.

Je soulignerai un paradoxe. L’industrie du médicament se porte bien : elle a réalisé 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 ; elle compte 100 000 emplois directs et 250 entreprises ; elle arrive au troisième rang des secteurs industriels après l’automobile et l’aéronautique. L’industrie du médicament est en bonne santé et, pourtant, un devoir de vigilance s’impose à nous tous – entreprises, acteurs publics, puissance publique –, car des signaux d’alerte s’allument : baisse des effectifs, retard d’innovations dans le secteur.

La puissance publique accompagne cette filière industrielle par le biais du CIR, du CICE et du PIA à hauteur de 3 milliards d’euros, sans parler des efforts consentis par les collectivités territoriales en faveur de l’environnement de ces entreprises. Notre commission des affaires économiques est ainsi amenée à se saisir de ces questions. Il ne faut pas que l’avenir de l’industrie du médicament connaisse le sort du « triple A » – Alcatel, Areva et Alsthom – ainsi que l’a qualifié l’intersyndicale que certains d’entre nous ont rencontrée voilà huit jours. Pour cela, il faut que la logique industrielle ne cède pas face à une logique purement financière.

Comment conforter l’industrie du médicament en France, le made in France, au regard des signaux d’alerte annonçant un avenir qui s’assombrit ? Quelle est votre stratégie industrielle ? Comment allez-vous la déployer en concertation avec tous les acteurs, notamment avec les représentants des salariés ? Je pense à la réforme qui prévoit la présence d’administrateurs salariés dans les conseils d’administration. Comment conforter cet aménagement du territoire qui nous importe à tous, en termes d’implantations et comment faire en sorte que votre logique rencontre celle de la puissance publique ?"


Table-ronde Industrie du médicament by jeanluclaurent on Scribd


A L'ASSEMBLEE