Grand Paris Express : les gagnants et les gagnants
Communiqué de presse- 26 janvier 2011

Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre et conseiller régional délégué spécial pour le Grand Paris, se félicite de l’accord intervenu entre l’Etat et la Région sur le futur réseau de transport. Cet accord est issu des propositions faites par Jean-Paul Huchon et le Ministre de la Ville. Le travail de celui-ci a permis le début d’un dialogue, jusque là rendu impossible par la méthode de Christian Blanc.

« Il faut juger l’accord sur trois critères fondamentaux : la bonne articulation des investissements immédiats et futurs, le choix d’un tracé réaliste permettant la desserte fine du territoire et l’étanchéité des financements. »

Sur le fond, le tracé et le nombre de gares retenus permettent d’offrir un maillage fin du territoire et de desservir des territoires densément peuplés et souvent enclavés. Le désaccord sur Saclay reste entier mais a été neutralisé pour ne pas constituer un élément de blocage à ce stade. Dans cette négociation, la Région a parlé au nom de toutes les collectivités de la métropole francilienne (les conseils généraux qui financent les transports franciliens mais aussi les communes et les intercommunalités).

Dans une République décentralisée, l’investissement de l’Etat se devait de respecter l’autonomie des collectivités, autonomie politique et budgétaire. En aucun cas, les collectivités locales n’avaient à payer un « grand chantier » du Président de la République décidé de manière unilatérale.

« La négociation a permis de consolider le financement du Plan de Mobilisation (RER, bus, métros, tramways) qui répond ici et maintenant aux difficultés que rencontrent les franciliens et qu’ils ont exprimé dans toutes les débats publics depuis le 1er octobre. Tout le monde est gagnant : les franciliens d’aujourd’hui, l’Ile-de-France de demain et l’ensemble des collectivités locales dont Jean-Paul Huchon a défendu les intérêts ».

GRAND PARIS

Mercredi 26 Janvier 2011
De Shanghai au Grand Paris
Article co-écrit avec Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris chargé de Paris Métropole. Publié dans le numéro 375 de la revue Urbanisme (novembre-décembre 2010)

Avec l’élaboration du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, l’ouverture d’un dialogue métropolitain par le maire de Paris, puis la création de Paris Métropole, mais aussi les initiatives du président la République aboutissant à la création d’un Secrétariat d’Etat à la Région Capitale… rarement les enjeux urbains n’ont été l’objet d’un débat aussi vaste et approfondi. La discussion est parfois mal posée et comme plombée par des comparaisons internationales peu rigoureuses. « Ville-monde », « mégapole », « ville globale »…les concepts élaborés par les sciences sociales passent dans le vocabulaire politique sous des formes polémiques. Certains agitent le spectre d’un décrochage parisien annoncé.

A l’inverse, Shanghai est présenté comme le phare urbain du jeune siècle. C’est avec ces éléments en tête qu’au sein de l’association Paris-Ile-de-France Shanghai nous avons conçu une semaine d’échanges franco-chinois à l’occasion de l’Exposition Universelle.

Laissant de côté les comparatifs internationaux délicats pour des villes s’inscrivant dans des histoires et des rythmes radicalement différents, nous avons privilégié les échanges entre praticiens français et chinois pour confronter leur manière d’appréhender le patrimoine urbain et naturel, le tourisme, le développement durable ou la question du financement. Pour conclure, la semaine une journée complète a été consacrée à la consultation internationale du Grand Paris en présence de sept des dix équipes.

Pour commencer, un paradoxe : Shanghai a de nombreux enseignements à livrer sur la question du patrimoine.. A l’ombre des séries de tours standards, impératifs commerciaux ou touristiques mais aussi défense du cadre de vie par des habitants organisés et revendicatifs adoucissent les mœurs urbanistiques de Shanghai. Ces luttes témoignent de la revendication des citadins qui refusent l’exclusion et la relégation. Nous avons aussi découvert que Paris et les villes occidentales n’avaient pas le monopole du phénomène de « gentrification » qui, de manière moins autoritaire et plus graduelle, conduit aussi à un strict séparatisme social.

Aujourd’hui, la défense du charme (ici) ou de l’âme (là-bas) des lieux dans les programmes d’aménagement comme dans le travail des architectes, marque la volonté de tisser le lien entre ce passé et le futur. La création ex nihilo perd du terrain y compris dans le rapport des villes à la nature. La ville n’est plus artificielle ou parfaitement segmentée. Entre la ville et la nature, il ne s’agit plus de négation ou de délimitation stricte. Non, un rapport complice s’établit, à travers le travail sur les plantations, les délaissés, les toits, ces rues où les arbres ne sont pas du mobilier urbain et où la lumière des néons de la rue de Nankin met en valeur le vol des chauves-souris. La condition urbaine est une expérience psychosensorielle qui n’est pas réduite au minéral des bâtiments mais enrichie au contact de la faune et de la flore (qui font l’objet de programme favorisant la biodiversité), des reliefs et du ciel.

Le fleuve reste à Shanghai, région deltaïque, un facteur important des mobilités. A Paris, cette fonction a été écartée trop fortement. L’expérience de Voguéo 3, comme les réflexions de plusieurs équipes d’architectes, le projet de reconquête des berges, vont dans le sens d’un retour au fleuve. Avec les transports en commun sur pneu ou sur rail et la civilisation de l’automobile, nos villes se sont ouvertes à des formes de mobilités démultipliées qui ont au final favorisé l’étalement de la ville. Bien sûr, les deux métropoles n’en sont pas au même point de leurs histoires. C’est un enjeu majeur de planification pour la métropole parisienne de faire les choix règlementaires, les conceptions d’infrastructure et les choix opérationnels qui limitent l’allongement des distances et favorise l’intensité urbaine. Dans un contexte de croissance mûre, la progression de l’empreinte urbaine de la région parisienne peut-être contrôlée.

Shanghai se situe dans une autre position où la densité relative et le choix de la hauteur ont permis d’absorber la croissance rapide de la population. Après avoir longtemps vécu dans un système où emplois et habitat allaient ensemble, Shanghai compte désormais des « commuters ». La force des métropoles est la profondeur de leur marché du travail. Toutefois, cet atout ne fonctionne pleinement que si les emplois, nombreux et diversifiés, sont accessibles. Sans souscrire au mythe du logement-lieu de travail, cette question est essentielle au bon fonctionnement métropolitain.

Saskia Sassen 4 rappelait récemment que si Pékin ou Shanghai étaient des villes globales, elles n’étaient pas des « villes-monde » mais seulement des « villes dans le monde » considérant que leur ouverture est encore limitée par rapport à ce que l’on connaît ailleurs, et particulièrement à Paris dont le cosmopolitisme est un atout. Les signes extérieurs d’uniformisation, en particulier dans les zones commerciales, ne doivent pas tromper. A travers l’Expo, on sent la double volonté de s’adresser au monde et à la vaste Chine dont Shanghai est une pointe avancée. Alors qu’elle est objectivement plus ouverte, la capitale de notre pays peine parfois à mettre en récit et à traduire en actes cette ouverture en offrant un accueil de qualité à ses visiteurs quelque soit la durée et la raison de leur séjour: le touriste d'affaire et le migrant..

La ville durable et solidaire, ne se construira pas et ne se financera pas sans croissance économique. La dynamique est nécessaire sans être suffisante. La maîtrise collective du développement urbain nécessite des outils d'investissement permettant la prise en compte du long terme et l'intégration des externalités négatives. Un système fiscal juste et efficace doit permettre de capter une partie des richesses produites par le développement urbain au profit des équipements collectifs, des services publics, de la qualité et de la durabilité urbaine. Nos interlocuteurs chinois témoignent d’un intérêt grandissant pour la boîte à outils de l’urbanisme opérationnel ou le logement social.

La question de la gouvernance se pose dans des conditions très différentes. A Shanghai, la ville a dû bâtir sa renaissance entre Pékin et Canton, dans un système fortement hiérarchisée. A l’échelle locale, Shanghai a aussi structuré sa région proche, bloquant quand il le fallait le développement du port de Ningbo. Autour de Paris, le système local est beaucoup plus souple et souffre à la fois de l’inachèvement de la décentralisation et d’un retour paradoxal de l’Etat, volontariste et désargenté. La métropole n’est pas seulement une agglomération physique mais bien un système où les échelles et les temporalités varient et s’articulent.

Aucune institution centrale dans aucune ville réelle n’est capable de prendre en charge de manière omnisciente et omni-compétente cette dynamique urbaine. Au polycentrisme métropolitain doit correspondre une polysynodie 5 où s’articulent les échelles et les rythmes, où se construisent les solidarités. Entre le « Paris de 1860» et l’échelle régionale, le syndicat Paris Métropole est aujourd’hui une interface en devenir, une scène politique favorisant à la fois le dialogue horizontal entre communes et l’articulation des niveaux de compétence avec la participation des départements et la Région.

Enfin, une nouvelle gouvernance métropolitaine se doit de prendre en compte les espaces voisins et périphériques qui n’ont pas vocation à la servitude.

GRAND PARIS

Vendredi 21 Janvier 2011
Non, la France n’est pas finie !
Cela pourrait être un cri de guerre. Qui résonne au fil des trois cents pages de La France est-elle finie ? de Jean-Pierre Chevènement. Sorti le 5 janvier, ce livre décapant revient sur la crise que vit notre pays.

A travers une analyse historique, politique et économique du roman national, Jean-Pierre Chevènement déboulonne les statues du prêt-à-penser médiatique. Au pays de Clémenceau et De Gaulle, la mondialisation néolibérale et son cortège de délocalisations industrielles se sont d’abord heurté à l’ambition sociale et républicaine héritée de la Révolution.

La gauche, arrivée au pouvoir de haute lutte en 1981, n’a pu véritablement « changer la vie », comme elle s’y était engagée. S’il a porté la gauche au pouvoir, François Mitterrand a ensuite engagé le virage de la rigueur budgétaire et du franc fort. Résultat : plus d’un million d’emplois ont été sacrifiés. La « parenthèse » libérale ouverte en 1983 n’ayant jamais été refermée, la nation et l’industrie françaises continuent de souffrir des choix de nos gouvernants.

Contre la pensée unique libérale, Jean-Pierre Chevènement prône « l’autre politique ». Son message est limpide : il n’y a pas de fatalité pour qui décide de reprendre son destin en main. Un pilotage économique de la zone euro et l’instauration de barrières à la spéculation financière et monétaire nous permettraient de retrouver notre pleine souveraineté.

Le destin de la France ne s’écrira pas en pointillés pour peu que nos gouvernants se saisissent de l’enjeu civique en favorisant l’intégration de tous les citoyens.

En guise de conclusion, Jean-Pierre Chevènement en appelle au patriotisme républicain. Convaincu que « l’avenir de notre jeunesse ne s’écrit ni à Wall Street ni à la City », il s’adresse à tous les Français pour reconstruire une République sociale pilier d’une Europe des nations.

Pour acheter le livre de Jean-Pierre Chevènement : http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html

ACTUALITES

Lundi 17 Janvier 2011
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SELECTION

L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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Jean-Luc Laurent

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