MRC

Jeudi 28 Avril 2011
Le PS veut changer nos vies : chiche !
« Décider nous-mêmes, libérer nos vies des chaînes de l’argent » entonnaient les partisans du candidat François Mitterrand en 1981. Trente ans après, en clin d’œil à l’histoire, le projet du Parti Socialiste entend « changer nos vies » sans bouleverser les déséquilibres de la mondialisation libérale. Certes, il y a quelque bénéfice à tirer d’un impôt plus juste qui romprait avec les privilèges fiscaux du quinquennat Sarkozy ou d’un « bouclier rural » contrant la désertification des zones rurales.

Mais ces quelques mesures de bonne volonté ne répondent pas au désarroi des classes populaires, ces masses exclues de la mondialisation qui ne votent plus à gauche. Comme le rappellent Emmanuel Todd et Jacques Sapir, la mondialisation néolibérale relève moins de la fatalité inéluctable que de décisions politiques de gouvernants ayant abdiqué leur souveraineté au bénéfice des marchés financiers.

Dans une France intégrée dans une Union Européenne appliquant sans broncher les orientations dérégulatrices du Fonds Monétaire International et de l’Organisation Mondiale du Commerce, les silences du projet socialiste se font assourdissants.

Quelques heures après sa présentation, ce texte était déjà rattrapé par la violence du réel. Bercy nous apprenait que le déficit commercial français avait battu son record historique en février . Concomitamment, le Portugal demandait l’aide financière de l’Union Européenne et du FMI afin de combler le déficit de ses finances publiques tandis que la Banque Centrale Européenne relevait son taux d’intérêt directeur .

Ces trois faits d’actualité illustrent l’échec des élites mondialisées à résoudre la crise systémique qu’elles ont-elles-mêmes causée.

Exception faite de l’Allemagne, la zone euro souffre de la surévaluation de la monnaie unique qui mine la compétitivité internationale de ses industries. Le Portugal comme la France subissent l’inertie d’une Banque Centrale Européenne obsédée par la lutte contre l'inflation et indifférente aux objectifs de croissance et d'emploi. A l’instar de la Grèce, le « sauvetage » du Portugal sera conditionné à l’application d’une cure d’austérité financière d’autant plus lourde en conséquences sociales que le relèvement des taux d’intérêt achève de plomber les pays endettés.

Face à ces ferments de crise, le Parti Socialiste reste muet ou recycle des recettes du passé, comme si le 22 avril 2002 ne lui avait pas servi de leçon. La solution miracle au chômage de masse ? Des emplois-jeunes, encore et toujours. Salutaire à titre provisoire, cette disposition s’avère insatisfaisante à long terme. Convertir une armée de chômeurs en légion de travailleurs pauvres revient à poser des rustines sur un pneu crevé.

Si Solferino ne rompt pas avec la parenthèse libérale ouverte en 1983, la crise sociale trouvera comme seuls débouchés politiques les impasses de l’abstention et du vote Front National. Car le conformisme idéologique de la gauche constitue la seule échappatoire de Nicolas Sarkozy à une déroute annoncée.

MRC

Mercredi 20 Avril 2011

Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du MRC


Solférino doit revoir sa copie
Ce communiqué a donné lieu à une dépêche de l'AFP.

Quelques heures après la présentation de son projet pour 2012, le Parti Socialiste est rattrapé par la réalité de la crise de l’euro qu’il se refuse à voir, à analyser et à affronter : sans réorientation de la construction européenne, il ne peut y avoir de redressement de la France.

En effet, après la Grèce et l’Irlande, le Portugal vient de demander l’aide financière de l’Union Européenne et du FMI. Ses finances publiques déficitaires souffrent de la surévaluation de l’euro et subissent l’inertie d’une Banque Centrale Européenne obsédée par la lutte contre l'inflation et qui ne traite pas de la croissance et de l'emploi. Ce « secours » sera conditionné à l’application d’une cure d’austérité lourde de conséquences sociales.

Au-delà de propositions pertinentes, le projet du PS, fruit d’une synthèse molle entre les candidats socialistes et faute d’une réelle réflexion sur la mondialisation, n’est pas à la hauteur des défis que la France doit relever.

Le PS semble ignorer que la réindustrialisation de la France ne se fera pas sans une remise à plat complète du libre-échange et de la politique monétaire européenne. Sans changement des règles du jeu de l’euro, tabler sur une croissance annuelle supérieure à 2% est irréaliste.

Clin d’œil à l’histoire, cet inventaire de propositions réuni sous le nom de « projet » qui se propose de « changer nos vies » est hélas plus proche de la continuation de la parenthèse de 1983 que de la nécessaire rupture pour redresser la France. Si Solférino veut faire gagner la gauche, le PS doit revoir sa copie d’ici 2012.

MRC

Lundi 11 Avril 2011
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SELECTION

L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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Jean-Luc Laurent

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