Jean-Luc Laurent - Le blog http://www.jeanluclaurent.fr/ fr 2010-12-03T03:14:30+01:00 tag:www.jeanluclaurent.fr,2010:rss-2504926 François Fillon condamne la France à l'impuissance Thu, 25 Nov 2010 11:04:00 +0100 fr Jean-Luc Laurent François Fillon condamne la France à l'impuissance
Sitôt reconduit dans ses fonctions au terme d'un interminable vaudeville, François Fillon a délivré un discours de politique générale, l’œil rivé sur la règle à calcul en guise de projet pour la France. L'obsession de la rigueur en dit long sur l'impasse dans laquelle la France persévère contre toute logique.

En assumant "la vertu budgétaire au nom de l'indépendance", le Premier ministre fait un magistral contresens. La rigueur elle-même, motivée par le diktat des agences de notation, constitue une preuve de l'assujettissement du pouvoir aux injonctions de la finance mondialisée. Cette orthodoxie budgétaire dont François Fillon se fait l’ardent défenseur, produit, prolonge et aggrave la crise qu’elle prétend combattre.

L'évocation d'une réforme de l'assurance maladie, inspirée par une démarche comparable à celle sur les retraites, continue de défaire notre modèle d'égalité et de solidarité hérité du programme du conseil national de la Résistance. La remise en cause de la solidarité nationale affaiblira encore les couches populaires et les gens de peu, particulièrement exposés dans la tourmente de la crise.

Le discours de politique générale du Premier ministre donne la mesure de l'incurie du gouvernement et de la pensée monétariste dans laquelle notre Nation s’est depuis si longtemps enlisée. A défaut d’un changement de cap radical dans la politique de l’euro, la banque centrale de Francfort pourrait devenir le fossoyeur de la monnaie unique, dont l’avenir est gravement menacé.

Dans ces temps nouveaux, les citoyens peuvent dresser le constat de l’archaïsme des critères de convergences du Traité de Maastricht, qu’aucun pays de la zone euro n’est plus en capacité de respecter.

Le MRC demande au gouvernement d’infléchir vigoureusement la politique économique de la zone euro : gouvernement économique pesant en faveur d’un euro plus faible, relance de la consommation intérieure allemande, nouvelles réglementations bancaires et financières, protections commerciales face aux pays pratiquant le dumping social et environnemental. Sans cette profonde réorientation qui seule pourrait éviter un déclin dramatique de notre pays, il faudra se préparer pour la France à sortir de la zone euro et à reprendre en main son propre destin.


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tag:www.jeanluclaurent.fr,2010:rss-2502423 Un atlantisme en Rolex Wed, 24 Nov 2010 10:07:00 +0100 fr Jean-Luc Laurent Un atlantisme en Rolex
Le dernier sommet de l’OTAN à Lisbonne a consacré l’arrimage de la défense européenne aux intérêts des Etats-Unis. A l’instar du président du Conseil européen Herman Van Rompuy qui a fait preuve d’une servitude exemplaire dans son allégeance à l’OTAN en vantant le partenariat « stratégique » entre l’Union Européenne et l’Alliance Atlantique.
L’européisme béat traduit ainsi en mots l’abdication de toute politique d’indépendance au détriment des nations, pourtant seules dépositaires de la légitimité démocratique.

Sur les dossiers brûlants de l’Iran et de l’Afghanistan, la France a emboîté le pas aux Etats-Unis, quitte à devancer les velléités bellicistes des faucons du Congrès.

En pleine conférence de presse, le Président de la République a en effet déclaré sans coup férir : « la France appelle un chat un chat : la menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran » ! Cet énième dérapage verbal de Nicolas Sarkozy était destiné à légitimer le projet américain de bouclier antimissiles déployé contre « l’ennemi » iranien. Comme l’a expliqué Nicolas Sarkozy, les Etats-Unis « proposent de fournir l’ensemble des systèmes satellites, radars, intercepteurs, et de placer le tout sous commandement allié ». S’il voit le jour, le bouclier entérinera la tutelle exercé par l’état-major américain sur l’armée française depuis son retour dans le commandement intégré de l’OTAN.

Quant à l’Afghanistan, l’imprécision des buts de guerre alliés laisse pantois. A l’heure où nos soldats meurent à Kaboul, le sommet de Lisbonne n’a rien filtré des objectifs stratégiques de la coalition. Se bat-on contre des adversaires clairement définis ? Ou contre une idéologie rétrograde qui bafoue quotidiennement les droits de l’homme, auquel cas la guerre devrait s’étendre au pays tout entier, au risque d’un bain de sang ?

Encore une fois, la mise en place d’un calendrier du départ des troupes de combat dépendra des Etats-Unis, seuls décideurs stratégiques de l’OTAN, sans autre forme de concertation. On parle de 2014 ou 2015…sans que la France n’ait son mot à dire - comme s’y était pourtant engagé Nicolas Sarkozy pour justifier notre plein retour dans l’OTAN !

L’hôte de l’Elysée enterre donc l’ambition d’une Europe européenne faite de nations souveraines et indépendantes.

N’est pas De Gaulle qui veut.



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tag:www.jeanluclaurent.fr,2010:rss-2481570 Remaniement : beaucoup de bruit pour rien Mon, 15 Nov 2010 11:58:00 +0100 fr Jean-Luc Laurent Remaniement : beaucoup de bruit pour rien
Le remaniement gouvernemental annoncé depuis six mois s’est enfin produit. Au terme de semaines de tractations, d’espoirs déçus et d’ambitions contrariées, le Président de la République a opté pour un gouvernement « ancré à droite pour 2012 ». C’est Le Figaro qui le titre ! Exit l’ouverture, il s’agit désormais de garantir un socle électoral solide au futur candidat à sa réélection.

Cet énième jeu de chaises musicales conforte logiquement le petit cercle des fidèles de Nicolas Sarkozy. Claude Guéant reste à l’Elysée pour doubler l’hôte de Matignon tandis que les ministres Chatel, Bachelot, Hortefeux et Lagarde sortent maintenus ou renforcés.

Et que dire des nouveaux venus ? La liste des ministres nouvellement nommés ou promus traduit l’habileté tactique du chef de l’Etat. Par le débauchage de Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République Solidaire, Nicolas Sarkozy déstabilise le camp villepiniste, déjà fragilisé par la défection de Georges Tronc.

S’ils prêtent à sourire, ces petits jeux politiciens exaspèrent les Français. Donner des os à ronger aux amis politiques du Président ne règle en rien l’état de désespérance sociale dans lequel la majorité de nos concitoyens reste enfermée.
Il n’y a aucun miracle à attendre de la déclaration de politique générale de François Fillon. Ce dernier a définitivement tiré un trait sur son passé gaulliste pour se muer en libéral dogmatique, simple exécutant des directives de Bruxelles ainsi que des desiderata du MEDEF et des agences de notations. Après une réforme des retraites menée tambour battant par un gouvernement avare de concertation sociale, les prochains chantiers risquent d’aggraver la casse des services publics à laquelle se livre le tandem Sarkozy-Fillon depuis trois ans. Mme Bachelot est censée panser les plaies des coupes budgétaires en initiant un projet de loi sur la dépendance qui prolongera sans doute la logique comptable des franchises médicales.

Concernant les grandes orientations internationales du gouvernement Fillon III, je ne me fais pas plus d’illusions. Le maintien d’un euro surévalué par la Banque Centrale Européenne mine notre industrie, en particulier dans nos campagnes en proie à des délocalisations massives. Mis en tutelle par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN, Alain Juppé aura fort à faire pour maintenir une armée déjà fragilisée par les restructurations en série. Sans parler de la poursuite aveugle d’une guerre sans objectif militaire précis en Afghanistan.

Au final, ce remaniement sans importance m’inspire ce commentaire : beaucoup de bruit pour rien…


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tag:www.jeanluclaurent.fr,2010:rss-2475930 Discours de commémoration du 11 novembre 2010 Fri, 12 Nov 2010 13:31:00 +0100 fr Jean-Luc Laurent Discours de commémoration du 11 novembre 2010
Voici déjà deux ans et demi que Lazare Ponticelli, ce kremlinois d’exception, nous a quittés. Son destin singulier se confond avec l’histoire du XXe siècle. Poilu puis résistant lors de la Seconde guerre mondiale, il connut les affres des deux guerres, communiant dans la souffrance avec ses frères d’armes français et italiens.

J’invite tout particulièrement les jeunes gens ici présents à méditer la leçon qu’il nous a léguée. Leçon de courage, de devoir et d’amour de la France, cette nation républicaine qu’il a choisie. Près de ce monument aux morts, le sol se dérobe sous les pieds des vivants. N’oublions jamais le lourd tribut payé par la France et la ville du Kremlin-Bicêtre : 450 habitants de la commune y laissèrent leur vie, soit un kremlinois sur trente !

Engagée dans la guerre de 1914, la France y sacrifia plus d’un million et demi de ses concitoyens. Nul village, nulle famille de France ne fut épargnée : partout les monuments aux morts sont là pour nous rappeler la bravoure des poilus. En proie à l’arbitraire des conseils de guerre comme à l’épreuve du combat, ces martyrs des temps modernes ont servi une cause : la défense de la nation républicaine.
Notre pays n’est pas à une contradiction près. Comme l’avait prédit Jaurès, l’affrontement des puissances européennes se fit d’abord aux dépens des plus démunis, embarqués malgré eux dans une guerre qu’ils n’avaient pas souhaitée.
A la faveur d’une mobilisation générale qui mit les femmes à l’usine pour contribuer à l’effort de guerre, la défense du territoire national permit à l’esprit patriotique de se déployer. Paradoxalement, l’horreur des tranchées inspira certaines des plus belles pages de notre littérature. Péguy, chantre des « épis mûrs et (d)es blés moissonnés », partit ainsi au combat la fleur au fusil en exaltant « ceux qui sont morts, car ils sont retournés dans la première argile et la première terre ». Ces morts, ce sont les nôtres, ceux de la nation républicaine. Ils appartiennent aux français d’hier, d’aujourd’hui et de demain qui, comme Lazare Ponticelli en son temps, devront s’approprier le roman national, ses heures de gloire comme ses zones d’ombre.
Pour la France engagée aux côtés des Alliés, la guerre se solda par une victoire à la Pyrrhus. Quelque que soit la bravoure de ses soldats et l’éclat des victoires obtenues dans la Marne et à Verdun, la France y paya chèrement le prix du sang et des larmes. A l’image des millions d’invalides de guerre et de « gueules cassées » qui parsemaient les rues jusqu’à la seconde moitié du siècle dernier, les répliques du séisme de 1914 se firent sentir tout au long du XXe siècle.

Hélas, l’esprit de revanche, la rancune franco-allemande ainsi que les multiples revendications territoriales et ethniques sonnèrent le glas d’une paix hâtivement négociée. En faisant de l’Allemagne la victime expiatoire du désastre européen, le traité de Versailles ouvrit la voie au totalitarisme nazi et à ses projets fous de nettoyage ethnique. Le malaise dans la civilisation né de ce conflit, où pour la première fois la technique asservit l’homme, marqua de son empreinte indélébile les années 1920 et 1930.
L’illusion démentielle d’un Reich qui devait durer mille ans fut en bonne partie la conséquence de l’humiliation du traité de Versailles, ce diktat qui écrasa le patriotisme allemand.
Pour qui subit de plein fouet une crise économique sans précédent, paie le coût des déflations successives et des dettes de guerre, la tentation du repli ethnique accompagne couramment la recherche de boucs émissaires.
Pour conduire finalement aux pire des crimes : l’anéantissement de l’autre, jadis son voisin et son frère, qui au nom de sa différence, se voit nier son humanité par ses bourreaux. Depuis plus de soixante ans, l’Allemagne a accompli un formidable travail de mémoire, fondé sur la révision critique de son passé. Dans l’esprit du traité de l’Elysée signé par De Gaulle et Adenauer dès 1963, je reste viscéralement attaché à l’amitié franco-allemande, cet héritage pacifique d’un passé de guerres et de haines communes entre nations devenues partenaires.

L’âge des masses inauguré par la première guerre mondiale favorisa un second totalitarisme qui, lui, parcourut tout le XXe siècle. Je veux bien sûr parler de l’URSS. L’engagement de la Russie tsariste dans le conflit mondial précipita la chute des Romanov. En 1917, des millions d’hommes révoltés décidèrent de ne plus subir leur sort. Ils hissèrent le drapeau rouge des marins du cuirassé Potemkine qui, douze ans auparavant, avaient refusé la viande avariée qu’on leur servait. Au fil des purges bolchéviques, la grande hache de l’Histoire subvertit ensuite le juste combat contre l’absolutisme en oligarchie d’un nouveau genre, parée de la lutte des classes. Sans cette guerre européenne fratricide, le tsarisme n’aurait jamais aussi rapidement plié. Fruit de son histoire pluriséculaire, la nouvelle Russie, une patrie sœur et amie de la France, essaie aujourd’hui de panser les plaies du passé en assumant l’intégralité de son histoire, faite de grandeur et de tragédies.

Ces références peuvent paraître surannées. A mon sens, elles restent des sources de réflexion inégalées. Car l’histoire nous enseigne l’humilité. Elle ne se répète jamais mais il lui arrive de bégayer. Sans jouer les Cassandre, nous observons avec regret la résurgence de certains phénomènes que l’on croyait enfouis dans les limbes de l’entre-deux guerres. Ainsi, si le racisme est définitivement disqualifié dans l’opinion publique, les ravages du capitalisme mondialisé, les politiques de déflation salariale pratiquées ici et là en Europe, le piétinement des souverainetés nationales par le pouvoir de la finance font craindre un futur lourd en menaces. Aujourd’hui comme hier, le peuple est parfois tenté de céder aux sirènes des démagogues, à adopter leurs solutions de facilité. Aujourd’hui comme hier, certaines élites restent sourdes à la souffrance populaire, ne répondant à la désespérance sociale que par le mépris.
En ces temps de crise morale, économique, sociale et culturelle, nous ferions bien de revenir aux valeurs cardinales de la nation. Cette France républicaine et universaliste que chantait si bien Jean Ferrat, qui s’étend « des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche », « la belle la rebelle » qui « tient l'avenir, serré dans ses mains fines » !
Il ne faut pas désespérer de l’avenir. Contre la fatalité dans lequel on voudrait les enfermer, les forces vives de la nation devront se forger une espérance. Alors que nous célébrons les soixante-dix ans de la manifestation du 11 novembre 1940 rassemblant les premiers résistants à l’occupation allemande autour de l’Arc de Triomphe, souvenons-nous que la République peut renaître de ses cendres.

Je voudrais d’ailleurs conclure cette intervention sur une note d’espoir. Lorsqu’en 1919 l’Assemblée Nationale assista au retour des députés d’Alsace-Lorraine, revenant de quarante ans d’occupation prussienne, Clemenceau s’exclama la voix pleine d’émotion : « Les larmes, les cris, la douleur, l'agonie ne peuvent ternir l'allégresse infinie ! ».
Ne perdons pas foi en l’avenir. Face à la crise de sens que nous vivons, la France citoyenne a de la ressource, pour elle-même et pour une Europe européenne comme le souhaitait le général De Gaulle.

Vive la France !
Vive la République !
Vive la Paix !





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http://www.jeanluclaurent.fr/photo/art/imagette/2475930-3478124.jpg http://www.jeanluclaurent.fr/Discours-de-commemoration-du-11-novembre-2010_a44.html
tag:www.jeanluclaurent.fr,2010:rss-2346503 Crise du logement et Grand Paris Tue, 14 Sep 2010 23:49:00 +0200 fr Jean-Luc Laurent Crise du logement et Grand Paris
Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) a rendu public un avis sur la politique du logement, comparant les moyens et les objectifs de la loi de 2006 qui rend opposable le droit au logement (DALO).

Ayant été auditionné ce printemps par le CESE, Jean-Luc Laurent se félicite que la troisième assemblée de la République affirme fortement la situation particulière de l’Ile-de-France où la crise est plus profonde et les remèdes moins efficaces que partout ailleurs.

Le CESE, parmi ses nombreuses propositions pertinentes, propose la création d’un syndicat du logement en Ile-de-France. Il rejoint ainsi la majorité régionale conduite par Jean-Paul Huchon qui soutient cette idée depuis plusieurs années.

Cet automne aura lieu le débat sur le Grand Paris sur le projet de transports avec d’un côté le schéma élaboré par Christian Blanc et de l’autre le plan de mobilisation élaboré par la Région Ile-de-France et validé par toutes les collectivités franciliennes. Ce débat important ne doit pas masquer que la crise du logement frappe plus durement encore les Franciliens et compromet la cohésion sociale, la productivité des salariés franciliens et in fine la compétitivité de l’économie francilienne.

Le CESE souligne à raison qu’il faut un pilote dans l’avion pour sortir de l’inefficacité organisée. Face à l’inertie du Gouvernement qui persiste à maintenir une gouvernance archaïque du logement en Ile-de-France et qui abandonne ses outils d’intervention, il est urgent de changer la donne. La simple mission de territorialisation donnée au préfet de Région par la loi Grand Paris, votée ce printemps, n’y suffira pas.



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