Jean-Luc Laurent

1er mai : confinés mais toujours mobilisés !

01/05/2020

En raison de la pandémie, ce 1er mai 2020, nous ne pourrons pas nous retrouver dans les cortèges pour manifester et soutenir les revendications du monde du travail à l'occasion de la journée internationale des travailleurs.



Nous sommes confinés mais toujours mobilisés.

Car la crise sanitaire se double d'une crise économique et sociale, et révèle les dégâts de la mondialisation que nous subissons : chômage de masse, précarité et inégalités sociales, perte de pouvoir d'achat et salaires en berne, remise en cause du droit du travail, délocalisation de notre industrie qui ne compte plus que trois millions de salariés, contre le double lorsque le mouvement de désindustrialisation a été enclenché au profit des pays à bas coûts dans les années 80.

Tirer les leçons de cette crise qui montre notre dépendance, c'est reconquérir notre souveraineté, c'est agir pour la revalorisation du travail et en particulier pour les métiers invisibles hier qui sont aujourd'hui en première ligne en prenant souvent des risques pour leur santé et qui ont permis à notre pays de ne pas s'écrouler. C'est aussi rebâtir notre système de santé et l'hôpital public qui subissent depuis des années les politiques d'austérité européennes et le pacte de stabilité. Notre système de santé a failli s'effondrer. Il a tenu grâce à la mobilisation des soignants et à leur conscience professionnelle, à notre mobilisation à tous en respectant le confinement. La fermeture de lits et l'insuffisance de moyens en personnels subies ces dernières années — j'en sais quelque chose avec l'hôpital Bicêtre — ont mis notre système de santé en extrême tension. Un plan pour l'hôpital public (avec recrutements et revalorisation salariale, ouverture de lits, investissements, et réforme de la T2A) et pour les services d'urgences est plus que jamais une nécessité absolue.

Évidemment la relocalisation de nos industries et une nouvelle politique industrielle, la défense de notre agriculture, la reconstruction de notre indépendance économique, énergétique, scientifique, et la lutte contre le changement climatique et les gaz à effet de serre seront les priorités qui devront faire l'objet d'une planification pour redresser la France.

La crise économique et sociale qui va se poursuivre après le déconfinement nécessitera une politique active de solidarité nationale, le soutien à la consommation et au pouvoir d'achat par une politique économique de la demande et la monétisation de la dette par la Banque Centrale Européenne. C'est un changement radical qui doit s'opérer pour que le jour d'après ne soit pas le recommencement du jour d'avant !

Localement, nous aurons aussi à inventer de nouvelles solidarités. C'est ce à quoi nous réfléchissons avec les Ateliers Kremlinois.

Les politiques d'austérité pour faire payer la sortie de crise aux salariés et au monde du travail qu'on entend déjà, et la dégradation des conditions de travail et de vie qui se mettent déjà en place avec les ordonnances prises pour l'urgence sanitaire appellent notre vigilance et notre mobilisation en ce 1er mai 2020 qui reste, malgré le confinement, la fête du travail et des travailleurs.

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