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Débat sur l'avenir du nucléaire

24/01/2017

Le 10 janvier, nous débattions dans l'hémicycle de l'avenir de la filière nucléaire.



Mme la présidente. La parole est à M. Jean-Luc Laurent.

M. Jean-Luc Laurent. Mes chers collègues, monsieur le secrétaire d’État, je commencerai par une petite interrogation pour nous tous.

M. Julien Aubert. Oui !

M. Jean-Luc Laurent. Qui a dit : « Pour répondre à nos besoins et éviter la catastrophe climatique, nous devons augmenter notre capacité nucléaire, c’est aussi simple que cela » ? Premier indice : ce n’est pas un polytechnicien nucléocrate.

M. Jean-Frédéric Poisson. Voilà qui enlève du monde !

M. Julien Aubert. Denis Baupin !

M. Jean-Luc Laurent. Second indice : il s’agit d’une personnalité forte à qui on attribue communément une certaine hauteur de vue.

M. Julien Aubert. Ah non, ce n’est pas lui ! (Sourires.)

M. Jean-Luc Laurent. C’est Barack Obama qui a tenu ces propos voici un an, lors d’un sommet nucléaire organisé à la Maison Blanche ! En France pourtant, trop de voix répètent inlassablement que le nucléaire est une énergie du passé et ses défenseurs des gens anachroniques. C’est pourtant bien Barack Obama qui porte ce jugement, et avec lui l’ensemble des grands pays nucléaires historiques, États-Unis et Russie en tête, les grands pays émergés que sont la Chine et l’Inde et les pays émergents. Finalement, les pays que l’on nous donne en modèle, tels que l’Allemagne et l’Italie, constituent l’exception. La lecture de la programmation pluriannuelle de l’énergie publiée à la fin de l’année dernière donne le sentiment que la France a le nucléaire honteux.

M. Jean-Frédéric Poisson. C’est bien vrai ! Et c’est dommage !

M. Jean-Luc Laurent. Pourtant, le Gouvernement agit, organise le sauvetage d’Areva et soutient EDF, mais il semble qu’une perspective de long terme manque. Achever Flamanville, lancer Hinkley Point, mener le grand carénage : ces trois grands chantiers, il faut les réussir mais il faut aussi préparer le renouvellement du parc nucléaire. La France aura besoin de nouveaux réacteurs en 2030 et probablement même avant. C’est un choix énergétique mais aussi une question industrielle à laquelle je suis sûr que vous êtes sensible, monsieur le secrétaire d’État. Député du Mouvement républicain et citoyen, je considère que nous avons passé cinq ans à parler fermetures, diversification et plafonnement, alors qu’en réalité il faudra renouveler le parc ! Nous sommes en fin de législature, il importe donc de regarder au loin et de tracer une route. J’aimerais connaître la réflexion que mène le Gouvernement sur ce sujet.

M. Jean-Frédéric Poisson. Très bien !

Mme la présidente. La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Christophe Sirugue, secrétaire d’État. Je ne veux pas laisser penser, comme le suggère votre question, monsieur le député, que le modèle économique du nucléaire est clos et achevé. En tout état de cause, telle n’est pas la position du Gouvernement. Nous n’avons pas le nucléaire honteux.

M. Jean-Luc Laurent. Très bien !

M. Christophe Sirugue, secrétaire d’État. Pour autant, nous avons pris des engagements car il n’est pas sain, je le répète, d’être à ce point dépendant d’une force de production électrique quasi unique. Tout l’enjeu n’est donc pas de nuire au nucléaire, choix historiquement fait par la France, mais de favoriser l’émergence d’énergies renouvelables dont je refuse que l’on puisse imaginer qu’elles sont en contradiction avec la production d’électricité nucléaire. Tel est le cœur de la position du Gouvernement.

Il nous faut bien sûr relever les défis que vous avez mentionnés, et je crois que nous sommes en capacité de le faire.

Je l’ai dit, nous n’avons pas le nucléaire honteux, à telle enseigne que nous sommes plutôt fiers d’avoir remporté la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point. Si nous avions dû être sur la défensive sur cette question, nous n’aurions pu développer autant d’énergie – si vous me permettez ce terme fort approprié dans le débat – pour permettre cette réalisation. Lorsque, à l’occasion du changement de Premier ministre, les Britanniques ont demandé un moment de réflexion, nous leur avons procuré les informations nécessaires pour leur permettre de faire ce choix. Nous assumons donc clairement cette position.

De la même manière, nous ne pouvons nier les questions qui se sont posées sur les EPR de Flamanville et de Finlande. Je l’ai dit, il s’agissait d’opérations pionnières, et de grande ampleur. Cela peut malheureusement expliquer une partie des difficultés que nous avons rencontrées, reconnaissons-le, qu’il s’agisse des retards dans le calendrier ou de l’explosion des coûts.

Mais comprendre ce qui s’est passé et recaler les éléments de ces deux chantiers très importants participe de notre capacité à vendre par la suite des réacteurs EPR, comme nous l’avons fait à Hinkley Point. Ce dernier projet s’est nourri des éléments tirés de l’expérience en Finlande et à Flamanville.

Je veux donc vous rassurer, monsieur le député, même si je sais que vous suivez particulièrement ces questions. Le choix qui a été fait, au travers de la loi de transition énergétique et de la PPE, est de permettre le maintien et l’évolution de la production nucléaire tout en mettant la même ambition au service de l’émergence des énergies renouvelables.

Consultez le compte-rendu de l'ensemble du débat

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