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Etat d'urgence: la sécurité oui, la trouille non

Mardi 2 Février 2016





En novembre, j’ai voté la prorogation de l’état d’urgence pour trois mois sans hésitation et je ne le regrette pas. J’ai observé l’usage qu’en faisait le gouvernement et j’ai bénéficié, comme tous les députés, du contrôle parlementaire effectué par la commission des lois de l’Assemblée nationale. Ce contrôle a permis d’évaluer l’activité de l’Etat et d’observer ensuite l’essoufflement, normal et prévisible, de l’état d’urgence.

Au moment où le gouvernement devrait envisager une sortie anticipée comme le prévoit l’article 3 de la loi, le Président de la République vient d’annoncer une nouvelle prorogation législative pour trois mois, et sans doute trois de plus en perspective de l’Euro 2016.

L’état d’urgence n’est pas une procédure de prévention mais une procédure de gestion de crise que l’Etat doit utiliser pour faire face, ce sont les termes de la loi de 1955, à un « péril imminent » ou une « calamité nationale ».

Le « péril imminent » ne se confond pas avec le risque même très élevé d’attaques terroristes. La prévention de ces futures, malheureusement probables, attaques repose sur le travail policier et judiciaire dans le cadre du droit ordinaire. Si le droit ordinaire ne suffit pas, malgré l’accumulation de lois anti-terroristes depuis trente ans, il faut le renforcer et je suis très favorable au futur projet de loi renforçant les pouvoirs de police et du parquet.

Face au djihadisme, la République doit se défendre et avoir les moyens de se défendre.

L’année 2015 a marqué un tournant et nous devons tous sortir d’une certaine naïveté. La menace n’est pas conjoncturelle mais permanente. Par leur ampleur, par leur frontalité, ces attaques n’ont rien de comparable avec les vagues de terrorisme que nous avons connues (terrorisme d’extrême gauche, iranien, libyen ou des islamistes algériens).

Ce n’est pas la procédure d’état d’urgence, qui est avant tout une procédure de maintien de l’ordre, qui va mieux protéger les Français.

Au final, la seule bonne raison de prolonger l’état d’urgence, c’est la politique de la trouille. Non pas la peur légitime d’être frappé mais la trouille de devoir se justifier au lendemain d’une attaque terroriste.

Face à la politique de la peur, face à la culture de mort des djihadistes, la vie doit l’emporter, la vie doit reprendre. Ce mot d’ordre est valable pour les Français comme pour les pouvoirs publics. L’état d’urgence, comme l’opération Sentinelle, ne doivent pas constituer des choix sans retour. La priorité doit être donnée à la sécurité réelle des Français, moins à la gestion psychologique et aux effets de communication.

A L'ASSEMBLEE