Jean-Luc Laurent - Le site




Langues régionales: bienvenue chez les...dingues

Vendredi 15 Janvier 2016




Hier, l'Assemblée nationale examinait une proposition de loi visant à financer l'enseignement immersif des langues régionales. Un vote très serré a permis de repousser ce texte dangereux


« Hier soir, j’ai siégé pour repousser in extremis une proposition de loi permettant le financement d’un enseignement total en langues régionales. Ses promoteurs disent « en immersion », parlent de « bilinguisme » mais il s’agit d’écoles où toutes les matières seraient exclusivement enseignées dans une langue régionale, le français comme une première langue vivante…étrangère dans son propre pays.

Les gens qui ont cru bon d’inscrire les langues régionales dans la Constitution, qui poussent à la ratification de la charte des langues régionales jouent avec le feu.

La langue de la République, de son école, de son administration ou de sa justice, c’est le français et uniquement le français partout sur le territoire national, de Brest à Corte, de Kourou à Papeete.

Le bilinguisme et la co-officialité sont des pièges mortels que nous risquerions de payer très cher dans dix ou trente ans. Répondre à la crise de l’Etat et de la décentralisation par une surenchère régionaliste est une erreur qu’ont faite l’Espagne ou la Grande-Bretagne. La Catalogne et l’Ecosse sont au bord de la sécession. Les régionalistes, qui sont extrêmement minoritaires en France, sont par contre entreprenants et déterminés. On l’a vu par exemple au moment du vote nocturne de la collectivité unique de Corse par des députés, alors que cette évolution institutionnelle a été repoussée par les citoyens lors d’un référendum local en 2003.

Les langues régionales peuvent être enseignées, pratiquées au quotidien, même soutenues dans le cadre d’associations culturelles mais elles ne doivent pas déborder ce cadre. Dans le monde de 2015, j’ai beaucoup de mal à croire que la priorité linguistique ne soit pas l’apprentissage des langues d’Europe et du monde. Un euro dépensé en faveur des langues régionales du monde, l’italien ou coréen par exemple, me semblera toujours plus utile qu’un euro dépensé en faveur du gallo ou du basque.

A L'ASSEMBLEE

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