Dépêche de l'AFP


Le MRC pour un "candidat républicain" en 2012, Chevènement en première ligne
De Julie DUCOURAU (AFP)
PARIS — Le Mouvement républicain et citoyen (MRC), regrettant la tournure qu'ont prise les primaires, a décidé de soutenir un "candidat républicain" pour la présidentielle de 2012 qui pourrait bien être Jean-Pierre Chevènement, désormais président d'honneur du parti.
Lors du 5e congrès du MRC ce week-end à Paris, à l'Auditorium George V (VIIIe arr.), les quelque 200 délégués ont voté à la quasi-unanimité pour "se préparer à présenter un candidat républicain" à cette "élection primordiale, la mère des batailles", selon les mots de l'ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur.
"Nous avions répondu oui aux primaires de toute la gauche dès lors qu'un contenu politique précédait les primaires proprement dites", a expliqué à la tribune Jean-Luc Laurent élu, à 53 ans, nouveau président du MRC à 91,7%. Un "score pas tout à fait biélorusse", s'est amusé son prédécesseur, M. Chevènement, élu, lui, à 71 ans et à l'unanimité, président d'honneur.
Mais il n'est pas question de "participer aux primaires dans les conditions définies par le PS, entraînant inéluctablement notre ralliement automatique au candidat socialiste sans connaissance ni discussion du projet", a ajouté M. Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).
Dénonçant un PS qui "nous écrase" et "reste prisonnier d'une vision libérale et européiste dépassée", M. Chevènement a estimé, devant le secrétaire national PS aux élections Christophe Borgel, que ces primaires risquaient de "se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages" après le "pacte" Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal.
Face à la crise du capitalisme financier et "la crise de la monnaie unique que nous avions prévue depuis sa création", le MRC propose donc un "programme de salut public" en 40 propositions. "Nous voulons faire la révolution", c'est-à-dire "remettre les choses à l'endroit" et "faire passer le souci de l'Homme avant celui de la finance", a lancé "le Che" comme l'appellent certains délégués, se prononçant notamment pour "une monnaie qui n'écrase pas notre compétitivité" et une "mise en oeuvre d'un contrôle public du crédit".
Dans un parti qui reproche au PS d'avoir renié les accords électoraux aux régionales (19 élus obtenus au lieu de 26 prévus), la candidature de M. Chevènement qui doit rencontrer Martine Aubry en juillet, semble donc se profiler. "Son expérience, sa stature d'homme d'Etat, sa probité lui permettent de se mettre en situation et de préparer cet objectif, non pas pour le MRC mais pour la France", a affirmé M. Laurent, très applaudi.
En devenant président d'honneur, M. Chevènement qui avait obtenu 5,3% des voix en 2002 et soutenu Ségolène Royal en 2007, se rend "disponible le cas échéant" pour 2012, selon Julien Landfried, secrétaire national MRC à la communication qui a déjà réservé les noms de domaine "www.chevenement2012.fr" et "www.chevenement2012.com".
Avant d'entonner la Marseillaise à la fin de son discours, l'intéressé, lui, a assuré ne "rien exclure", n'étant "animé que par le souci de servir (s)on pays". "Certes je ne suis plus jeune, mais l'expérience est irremplaçable", a dit l'ex-ministre de Lionel Jospin, récusant "le procès ridicule qui (lui) a été fait d'avoir fait perdre le candidat socialiste" en 2002.
Mais une autre ambition pourrait changer la donne. Selon un proche du sénateur de Belfort, "M. Chevènement pourrait être un bon candidat à la présidence du Sénat" en cas de basculement à gauche aux sénatoriales de 2011, car il est "respecté à droite et apparaîtrait comme une candidature d'équilibre".

Rédigé par Jean-Luc Laurent le Lundi 28 Juin 2010 à 01:10 | Commentaires (1)

Commentaires

1.Posté par Gervasio Pola le 30/06/2010 11:49
Je suis toujours étonné que la perspective d'un candidat "républicain" (oserait-on présenter un candidat anti-républicain en France à une présidentielle ?) fasse oublier dans les discours récents autour des causes (supposées ou confirmées) de la crise économique, et cela aussi bien au PS qu'ailleurs à gauche, de se positionner pour une rupture franche avec le capitalisme, ce "symptôme" qui pousse hystériquement à cumuler (profits, mandats, cigares…), et postuler pour une économie régulée basée sur la production nécessaire de biens et une redistribution des richesses. Autre point faible des discours pré-2012, aucune mention faite au droit à la sécurité des biens et des personnes dans ces "territoires abandonnés de la République" (l'expression est de Christian Jelen) que sont devenues certaines banlieues de nos grandes villes où les dealers font la loi et où le droit ne s'applique plus. Pourquoi ? Parce que la gauche a sa part de responsabilité dans ce désastre et cet abandon de l'exigence du droit et n'a pas eu de programme de désenclavement des ghettos que sont devenus moult villes du 93 par exemple. Dénoncer le résultat des politiques que l'on a pas su mener est sans doute casse-gueule… Je note comme beaucoup aussi que l'électorat "captif" que les élus de gauche s'est constitué est à double tranchant : peut d'inscrits véritables sur les listes électorales ; ras-le-bol des électeurs potentiels ou traditionnels de gauche qui demandent plus de conviction des élus en question, et du gouvernement bien entendu. J'attends, comme beaucoup, un positionnement fort sur ces points de la part de Jean-Pierre Chevènement qui a mieux à faire que de soutenir les PS qui a trahi les idéaux de la République sociale depuis longtemps.

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