Cinquantenaire du cessez-le-feu du 19 mars 1962

Mardi 20 Mars 2012

Mon Colonel,
Monsieur le Président de l’UFAC,
Madame, Monsieur, les élus
Madame, Monsieur,

Nous commémorons aujourd’hui, en ce 19 mars, le cinquantenaire du cessez le feu intervenu après la signature des Accords d’Evian la veille et le référendum le 8 mars approuvé à plus de 90% des suffrages.
Vous connaissez l’importance que j’attache, avec ceux qui m’entourent, au devoir de mémoire, essentiel à notre conscience collective et citoyenne. Il traduit aussi mon profond respect pour les anciens combattants et notre reconnaissance.
La mémoire des soldats -et de toutes les victimes- ne saurait être bafouée par l’ignorance, le mépris ou l’indifférence.

Notre passé commun de citoyens français doit être assumé, avec sa part d’ombres et de lumières, de toute part.

La raison de la présence de la France en Algérie s’inscrit dans une période de l’histoire : celui du déclin de la France et de l’Angleterre sur la scène continentale et de la crise de l’empire Ottoman. Parce que ces deux pays voulaient rester de grandes puissances européennes, ils se sont tournés vers le bassin méditerranéen. La France a vu dans l’Algérie « une plus grande France » et non un pays avec son histoire, ses racines, son identité. Cet aveuglement de quelques uns a conduit à la lutte d’un peuple pour son indépendance et à une guerre franco-française.

Entre 1954 et 1962, parmi les deux millions de jeunes français mobilisés, 27 000 furent tués, un millier a disparu et 1300 sont morts des suites de leurs blessures. Parmi eux, 40 Kremlinois sont tombés sur le sol algérien.

Mais n’oublions pas qu’il y eut également 270 000 algériens tués pendant ce conflit, que 4000 civils furent victimes d’attentats en France comme en Algérie. Que 200 000 harkis qui servirent la France furent abandonnés, notamment par une loi leur retirant la nationalité française en mai 1962.
Il ne m’appartient pas de réaliser le bilan de 132 ans de présence française en Algérie ni d’analyser la conduite de la guerre – toujours inhumaine -, c’est aux historiens de réaliser ce travail pour faciliter ce travail de mémoire.

Elu de la République, Maire, au contact de nombreux kremlinois d’origine algérienne, de harkis kremlinois, de rapatriés venus dans notre ville, je vois surtout les liens humains forts, forgés au cours de l’histoire, certes mais aussi dans notre vie de tous les jours.
Dans un livre récent « France Algérie » les auteurs soulignent que L’avenir de chacun de nos pays passe en grande partie par l’autre. Nous devons mesurer que notre avenir commun durera plus longtemps que notre passé. C’est l’avenir que nous devons construire, l’avenir des deux rives de la Méditerranée. C’est ce message qu’il m’apparait fondamental de transmettre aux citoyens et particulièrement aux jeunes générations.
En 50 ans, l’Algérie a triplé sa population, a modernisé ses structures, a procédé à un effort important dans le domaine éducatif.

Après les heures tragiques des années 90, l’Algérie a su garder des fondements démocratiques tels que la liberté de la presse et le pluripartisme, ce sont des signes importants dans un monde arabe qui se bat pour la démocratie.

Dans le contexte de mondialisation sauvage que nous connaissons aujourd’hui, l’union de nos deux pays peut être un atout et un exemple pour faire en sorte que la Méditerranée soit un espace de coopération et non d’affrontement. Certains esquissent le développement d’un axe Paris-Alger pour structurer la méditerranée occidentale. C’est à travers lui que l’identité franco-algérienne si particulière peut exulter. C’est en renforçant les coopérations de toutes sortes, sur une relation d’égal à égal que nous forgerons l’avenir. Il passe par la jeunesse. La proximité géographique, humaine, culturelle, linguistique, et la forte imbrication de nos populations sont des atouts essentiels pour y parvenir.
Je voudrais terminer avec les propos que j’emprunte au Président de l’Association France Algérie : Jean-Pierre Chevènement, Président de l’Association France Algérie : « il nous appartient de transmettre ce lien si intense, cette mémoire nourricière de l’avenir, bref cette fascination que l’Algérie et la France éprouvent l’une pour l’autre, car elle est le gage d’un partenariat d’exception, la promesse d’un avenir partagé et enfin heureux ».

Ce 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, est un jour de célébration de la paix. Un hommage surtout, à ceux qui, morts au feu, ont assumé leur mission.
Mais permettez-moi donc pour ce cinquantenaire, de nous inviter à nous tourner vers l’avenir, de cicatriser les plaies entre les peuples français et algériens, entre citoyens français aussi. Le passé douloureux nous exhorte à la réussite de l’Algérie, c’est pour moi la responsabilité des peuples algériens et français qui doivent faire prévaloir la conscience sur la repentance.

Vive la paix.
Vive la République.
Vive la France.



Jean-Luc Laurent


Inscription à la newsletter

Jean-Luc Laurent

Créez votre badge


Précédemment

Terrorisme : la droite doit assumer son échec

13/11/2012 - Jean-Luc Laurent

Soutien au docteur Poupardin

24/10/2012 - Jean-Luc Laurent

AFP: "Budget: un vote peut en cacher un autre"

23/10/2012 - Jean-Luc Laurent

Vote du budget 2013 : oui au réalisme

23/10/2012 - Jean-Luc Laurent

Mon édito d'octobre dans "Le Kremlinois"

17/10/2012 - Jean-Luc Laurent

Nonistes

12/10/2012 - Jean-Luc Laurent

Hôpital et logement social

11/10/2012 - Jean-Luc Laurent

Liste de liens
Jean-Marc Nicolle
Jean-Marc Nicolle
MRC
MRC
Marie-Françoise Bechtel
Marie-Françoise Bechtel