Le Crédit Immobilier de France ne doit pas mourir

Jeudi 4 Octobre 2012

LA LETTRE QUE J'AI ADRESSEE A PIERRE MOSCOVICI CONCERNANT L'AVENIR DU CREDIT IMMOBILIER DE FRANCE


Le Crédit Immobilier de France ne doit pas mourir
Le 1er septembre, l’Etat a pris la décision importante d’accorder sa garantie financière pour protéger le groupe Crédit Immobilier de France. Cette mesure d’urgence met à l’abri un établissement en bonne santé dont le financement est rendu impossible suite à l’abaissement de la note du CIF par l’agence Moody’s. Vous avez pris la bonne décision pour éviter une crise financière qui aurait eu des conséquences pour l’ensemble des banques françaises.

Malheureusement, il apparait que la mise en œuvre de cette garantie par l’Etat aura pour conséquence la mort du Crédit Immobilier de France par la cessation de son activité de crédit aux particuliers. Cette extinction programmée est présentée comme un impératif dicté par la Commission Européenne. Je dois vous faire part de mon étonnement alors que le secteur bancaire a bénéficié depuis le déclenchement de la crise d’un soutien public massif, tant des Etats que de la Banque Centrale Européenne. Nombre d’interventions publiques depuis 2008 ont dérogé à l’orthodoxie bruxelloise pour une raison simple : nécessité fait loi.




Nul ne peut accepter la mort d’un établissement de crédit, fortement capitalisé et rentable, qui remplit une mission d’utilité sociale en aidant l’accession à la propriété de nombreux ménages délaissés par les banques traditionnelles. Notre pays a été préservé des ravages sociaux et urbains des crédits « subprime » grâce à des institutions comme le Crédit Immobilier de France. Au moment où les moyens budgétaires de l’Etat doivent être concentrés sur l’augmentation de l’offre locative, la disparition d’un des trop rares outils dédiés à l’accession aidée, sociale et sécurisée est un évènement grave auquel, en tant que parlementaire et acteur du logement, je ne puis me résoudre.

La mort du Crédit Immobilier de France aurait pour conséquence l’abandon d’une activité essentielle au fonctionnement de la chaine du logement et la disparition d’une structure coopérative originale avec de solides assises locales en lien le mouvement HLM. Pour les 2500 salariés, la menace réelle sur l’emploi s’accompagne d’un sentiment de gâchis et la crainte de voir disparaitre un savoir-faire spécifique au service d’une mission sociale.

Pour l’ensemble de ces raisons, il m’apparait indispensable de réexaminer les conditions du soutien de l’Etat. Le temps et la concertation sont la marque de fabrique du changement politique voulu par les citoyens le 6 mai dernier. Passée l’urgence, il convient maintenant de se donner le temps d’étudier les possibilités alternatives comme l’adossement à un établissement bancaire ou la création d’un établissement ad hoc assurant un service économique d’intérêt général.

Jean-Luc Laurent


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