Jean-Luc Laurent - Le site
 
Jean-Luc Laurent - Le site
Facebook
Twitter
Dailymotion


Entretien de Jean-Luc Laurent à Capital.fr

Lundi 12 Avril 2010



Cette interview est parue le 12 avril sur le site du magazine Capital.


Entretien de Jean-Luc Laurent à Capital.fr
"Le projet de la loi sur le Grand Paris inquiète les élus locaux y compris dans les rangs de l’UMP"
© DR

Dans une interview à Capital.fr Jean-Luc Laurent, délégué au Grand Paris pour la Région Ile-de-France et maire (MRC) du Kremlin-Bicêtre, dénonce le projet de loi actuellement à l’étude au Sénat. "L’Etat, via la société du Grand Paris, va pouvoir décider seul de l’aménagement des sols et de l’organisation du réseau de transport. La région et les collectivités locales sont dépouillées de toutes compétences." La région avertit l’Etat : "Si le projet de Grand Paris est promulgué en l’état, nous n’hésiterons pas à dénoncer certains partenariats (…) Un front d’opposition est en train de se mettre en place contre le projet de Sarkozy."

Capital.fr : Alors que les sénateurs examinent actuellement le projet de loi sur le Grand Paris, la Région Ile-de-France dénonce un « déni de démocratie »…
Jean-Luc Laurent : Dès l’origine, ce projet de loi a été pensé contre les collectivités locales. Or contre toute attente, les propositions de la commission sénatoriale durcissent encore le texte. L’Etat, via la société du Grand Paris, va désormais pouvoir décider seul de l’aménagement des sols et de l’organisation du réseau de transport autour du futur métro automatique francilien. La région et les collectivités locales sont dépouillées de toutes compétences. En outre, il est inadmissible que le gouvernement ne tienne pas compte du résultat des urnes. En votant contre Valérie Pécresse, lors des régionales, les parisiens ont clairement désavoué le projet de loi porté par la droite.

Capital.fr : Dans ce contexte, la rocade inter-banlieue voulue par Jean-Paul Huchon, est-elle enterrée ?
Jean-Luc Laurent : La Commission nationale du débat public nous a donné raison. Ce projet va devoir être débattu. Le gouvernement et les parlementaires seront donc contraints de le réintégrer dans la loi, au côté du métro automatique voulu par Christian Blanc. Mais cela ne suffira pas. Le texte, actuellement examiné au Sénat, est totalement superficiel. Le Grand huit de Christian Blanc n’est financé qu’à hauteur de 4 milliards d’euros sur un projet estimé à 21 milliards d’euros. De même, sur la question du logement, le projet de loi fixe un objectif de 70.000 nouvelles constructions par an, sans pour autant en détailler les moyens et les outils pour y parvenir… Il ne s’agit pas de réviser un article ou deux. C’est toute la copie qui doit être revue.

Capital.fr : La Région Ile-de-France a-t-elle encore les moyens de faire capoter le projet de loi ?
Jean-Luc Laurent : Le chemin est encore long. Après le vote du Sénat, le texte devra être adopté en commission mixte paritaire - réunissant députés et sénateurs -, puis validé par le Conseil constitutionnel. D’ici là, nous allons donc continuer à nous mobiliser et à faire pression pour que le texte soit retiré. Si le projet de loi sur le Grand Paris est promulgué en l’état, la Région Ile-de-France en tirera alors toutes les conséquences… Le gouvernement nous pousse à la confrontation.

Capital.fr : C’est-à-dire ?
Jean Luc Laurent : Nous n’hésiterons pas à dénoncer certains des partenariats élaborés avec l’Etat… Le gouvernement doit aussi être lucide. Malgré le pouvoir que lui confère l’actuel projet de loi, l’Etat ne pourra rien faire sans le soutien de la région, des départements et des communes. Or, un front d’opposition est en train de se mettre en place contre le projet de Sarkozy. L’inquiétude gagne toutes les collectivités, y compris celles des élus UMP.

Propos recueillis par Guillaume Chazouillères
© Capital.fr

A L'ASSEMBLEE