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Remaniement : beaucoup de bruit pour rien

Lundi 15 Novembre 2010




Remaniement : beaucoup de bruit pour rien
Le remaniement gouvernemental annoncé depuis six mois s’est enfin produit. Au terme de semaines de tractations, d’espoirs déçus et d’ambitions contrariées, le Président de la République a opté pour un gouvernement « ancré à droite pour 2012 ». C’est Le Figaro qui le titre ! Exit l’ouverture, il s’agit désormais de garantir un socle électoral solide au futur candidat à sa réélection.

Cet énième jeu de chaises musicales conforte logiquement le petit cercle des fidèles de Nicolas Sarkozy. Claude Guéant reste à l’Elysée pour doubler l’hôte de Matignon tandis que les ministres Chatel, Bachelot, Hortefeux et Lagarde sortent maintenus ou renforcés.

Et que dire des nouveaux venus ? La liste des ministres nouvellement nommés ou promus traduit l’habileté tactique du chef de l’Etat. Par le débauchage de Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République Solidaire, Nicolas Sarkozy déstabilise le camp villepiniste, déjà fragilisé par la défection de Georges Tronc.

S’ils prêtent à sourire, ces petits jeux politiciens exaspèrent les Français. Donner des os à ronger aux amis politiques du Président ne règle en rien l’état de désespérance sociale dans lequel la majorité de nos concitoyens reste enfermée.
Il n’y a aucun miracle à attendre de la déclaration de politique générale de François Fillon. Ce dernier a définitivement tiré un trait sur son passé gaulliste pour se muer en libéral dogmatique, simple exécutant des directives de Bruxelles ainsi que des desiderata du MEDEF et des agences de notations. Après une réforme des retraites menée tambour battant par un gouvernement avare de concertation sociale, les prochains chantiers risquent d’aggraver la casse des services publics à laquelle se livre le tandem Sarkozy-Fillon depuis trois ans. Mme Bachelot est censée panser les plaies des coupes budgétaires en initiant un projet de loi sur la dépendance qui prolongera sans doute la logique comptable des franchises médicales.

Concernant les grandes orientations internationales du gouvernement Fillon III, je ne me fais pas plus d’illusions. Le maintien d’un euro surévalué par la Banque Centrale Européenne mine notre industrie, en particulier dans nos campagnes en proie à des délocalisations massives. Mis en tutelle par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN, Alain Juppé aura fort à faire pour maintenir une armée déjà fragilisée par les restructurations en série. Sans parler de la poursuite aveugle d’une guerre sans objectif militaire précis en Afghanistan.

Au final, ce remaniement sans importance m’inspire ce commentaire : beaucoup de bruit pour rien…


A L'ASSEMBLEE