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Un atlantisme en Rolex

Mercredi 24 Novembre 2010




Un atlantisme en Rolex
Le dernier sommet de l’OTAN à Lisbonne a consacré l’arrimage de la défense européenne aux intérêts des Etats-Unis. A l’instar du président du Conseil européen Herman Van Rompuy qui a fait preuve d’une servitude exemplaire dans son allégeance à l’OTAN en vantant le partenariat « stratégique » entre l’Union Européenne et l’Alliance Atlantique.
L’européisme béat traduit ainsi en mots l’abdication de toute politique d’indépendance au détriment des nations, pourtant seules dépositaires de la légitimité démocratique.

Sur les dossiers brûlants de l’Iran et de l’Afghanistan, la France a emboîté le pas aux Etats-Unis, quitte à devancer les velléités bellicistes des faucons du Congrès.

En pleine conférence de presse, le Président de la République a en effet déclaré sans coup férir : « la France appelle un chat un chat : la menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran » ! Cet énième dérapage verbal de Nicolas Sarkozy était destiné à légitimer le projet américain de bouclier antimissiles déployé contre « l’ennemi » iranien. Comme l’a expliqué Nicolas Sarkozy, les Etats-Unis « proposent de fournir l’ensemble des systèmes satellites, radars, intercepteurs, et de placer le tout sous commandement allié ». S’il voit le jour, le bouclier entérinera la tutelle exercé par l’état-major américain sur l’armée française depuis son retour dans le commandement intégré de l’OTAN.

Quant à l’Afghanistan, l’imprécision des buts de guerre alliés laisse pantois. A l’heure où nos soldats meurent à Kaboul, le sommet de Lisbonne n’a rien filtré des objectifs stratégiques de la coalition. Se bat-on contre des adversaires clairement définis ? Ou contre une idéologie rétrograde qui bafoue quotidiennement les droits de l’homme, auquel cas la guerre devrait s’étendre au pays tout entier, au risque d’un bain de sang ?

Encore une fois, la mise en place d’un calendrier du départ des troupes de combat dépendra des Etats-Unis, seuls décideurs stratégiques de l’OTAN, sans autre forme de concertation. On parle de 2014 ou 2015…sans que la France n’ait son mot à dire - comme s’y était pourtant engagé Nicolas Sarkozy pour justifier notre plein retour dans l’OTAN !

L’hôte de l’Elysée enterre donc l’ambition d’une Europe européenne faite de nations souveraines et indépendantes.

N’est pas De Gaulle qui veut.



A L'ASSEMBLEE