Annoncé par le Président de la République en personne lors de sa dernière émission de télévision Face aux français, le débat sur la laïcité n’en finit pas de dériver. Organisé par l’UMP, cet événement médiatique tente de donner le change à son électorat déboussolé par l’échec de la politique gouvernementale. Passant allègrement de la laïcité à l’islam puis de l’islam à une « communauté musulmane » fantasmée, Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé nagent en eaux troubles.

Bafouant quotidiennement les valeurs républicaines, les responsables gouvernementaux multiplient les dérapages contrôlés amalgamant nos compatriotes issus de l’immigration à des fauteurs de trouble. Conforme à sa conception « positive » de la laïcité, le Président de la République ne sait plus sur quel pied danser pour mieux masquer la faillite de sa politique. Les jours pairs, la droite surfe à l’envi sur les paniques morales des Français pour jeter certains de nos compatriotes en pâture. Les jours impairs, l’UMP et ses affidés rivalisent de démagogie électoraliste pour capter un supposé « vote musulman » à grands coups de « cadeaux » communautaristes.

Cette infantilisation du débat public met à mal le pacte républicain qui lie l’Etat à la communauté de ses citoyens. Dernier épisode en date, la création d’une « Union de Français Musulmans » par l’UMP demandant aux « musulmans de renouveler leur confiance à Nicolas Sarkozy » illustre la dérive du parti post-gaulliste vers le différentialisme religieux.

Par cette initiative, l’UMP mêle ouvertement politique et religion, sphères privée et publique. Après tout, on n’en attendait pas moins des zélateurs de la « France chrétienne » et autres admirateurs du discours de Latran.

En considérant la nation citoyenne comme un agrégat de communautés ethno-religieuses, le Président de la République sonne le glas du modèle républicain. Ce dernier fait la grandeur et la fierté de la France. Veillons à ce qu’il survive à ce quinquennat gâché.
Jeudi 31 Mars 2011
b[Tribune publiée sur Mediapart ]: http://blogs.mediapart.fr/en/edition/les-invites-de-mediapart/article/190311/face-marine-le-pen-limpasse-des-primaires-de-la

Plus que de primaires, «la gauche a un besoin urgent de mise au net de ses idées, d'élaborer un projet offrant une alternative au peuple et à la France», affirme Jean-Luc Laurent, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) dans cette tribune parue sur le site Mediapart, le 19 mars 2011.


Face à Marine Le Pen, l'impasse des primaires de la gauche
Les sondages de ces derniers jours ont fait l'effet d'une bombe. Qu'elles situent Marine Le Pen ou second tour ou à ses portes, ces enquêtes d'opinion suscitent effroi et stupéfaction à gauche. Or, dix ans après l'électrochoc du 21 avril 2002, force est de constater l'incapacité du Parti socialiste à accomplir son autocritique.

Avant chaque élection présidentielle, certains socialistes rejouent la même comédie: la dispersion des voix à gauche aurait provoqué la défaite de Lionel Jospin. Cette fable n'abuse plus personne. Elle a pour unique fonction d'éluder les questions de fond. Réindustrialisation, défense de la nation républicaine, place de la France dans l'Europe et le monde: sur tous ces chantiers, la gauche de gouvernement a gravement failli. Telle est la cause de ses échecs à répétition.

Pour qualifier la gauche au second tour de la présidentielle, il faut commencer à pratiquer le fameux droit d'inventaire. En s'adressant d'abord aux couches populaires exaspérées par les reculs de l'Etat républicain (pertes de souveraineté, délitement du service public, néo-communautarismes...). La gauche ne doit pas craindre de renoncer à l'idéologie libérale-libertaire des centres-villes qui cantonnent le prolétariat aux seules banlieues.

La gauche ne pourra réunir de majorité sociale sans reconquérir les zones rurales et péri-urbaines, lesquelles recouvrent plus de 85% de la pauvreté et du chômage en France. Cet état de fait impose à la gauche de devoir de répondre aux attentes des Français, en particulier des plus modestes, électorat-cible de l'extrême-droite.

Pour contrer la montée d'un Front National porté par une nouvelle icône médiatique, certains socialistes n'ont d'autre idée que d'institutionnaliser le bipartisme. Surréaliste s'il en est, le texte de la pétition circulant sur le net affirme tout de go: «Nous ne connaissons qu'une seule arme nous garantissant d'être au second tour de l'élection présidentielle: les primaires de la gauche et des écologistes». Certes, concèdent-ils, «nous pourrions commencer par chercher les causes» du vote frontiste mais ils referment immédiatement ce chemin salutaire et lui préfèrent une stratégie électorale de courte vue.

Une candidature unique de la gauche serait donc le remède miracle à la réémergence du Front national. Soit. Quand bien même le candidat désigné à l'issue du vote l'emporterait au second tour, quelle politique appliquerait-il? Comment résoudrait-il la crise de l'euro? De quelles marges de manœuvre disposerait-il face aux diktats du FMI, de l'OMC et de la Banque centrale européenne? L'habitant rural victime d'une délocalisation industrielle comprend parfaitement l'impasse de l'euro fort et l'ineptie du libre-échange débridé. De même, la mère de famille célibataire au chômage vivant en banlieue subit quotidiennement les affres de l'insécurité physique et sociale. C'est à ces «petites gens» ayant l'impression de vivre en marge d'une société de plus en plus inégalitaire que Marine Le Pen s'adresse. Quel discours républicain tenir à ces victimes du déclassement social?

Pour gagner et réussir, la gauche a un besoin urgent de mise au net de ses idées, d'élaborer un projet offrant une alternative au peuple et à la France. De tout cela, les partisans des primaires ne disent mot. Instrumentalisant ad nauseam le péril FN, ils tracent une voie sans issue. Aussi vague que vaste, la première mouture du projet socialiste frappe par son irénisme. Dans ces conditions, l'arasement des spécificités des autres mouvements de gauche au profit de l'hégémonie du PS entraînerait un score de premier tour en carton-pâte, prélude à un échec final.

Au Mouvement républicain et citoyen, nous avions soutenu la candidate socialiste en 2007 sur la base d'un accord politique conclu entre Ségolène Royal et Jean-Pierre Chevènement. Malgré son dynamisme, Mme Royal n'avait pu pallier les plaies béantes d'un projet socialiste peu avare en contradictions. Cinq ans plus tard, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la démocratie d'opinion risque fort d'écraser les primaires du PS. Faute d'accord de fond, cette «machine à désistements automatiques», selon la juste formule de Jean-Pierre Chevènement, ne ferait que confirmer le verdict des sondages sans se soucier de la ligne politique retenue. Indépendamment de toute considération personnelle, cette formule semble mortifère pour la gauche, dessinant la perspective d'une alternance privée d'alternative.

A quatorze mois de l'échéance présidentielle, il est encore temps de donner un autre avenir à la France. Si les principales forces de gauche ne renoncent pas aux trompettes du social-libéralisme et des idéologies à la mode, il nous apparaîtra plus que jamais nécessaire de présenter un candidat républicain qui incarne l'homme de la nation.
Lundi 21 Mars 2011

Venez rencontrer vos élus MRC et apparentés chaque jeudi de 19h à 20h30 au local "le chaudron"


Jeudi 3 Mars 2011
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SELECTION

L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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