Sitôt reconduit dans ses fonctions au terme d'un interminable vaudeville, François Fillon a délivré un discours de politique générale, l’œil rivé sur la règle à calcul en guise de projet pour la France. L'obsession de la rigueur en dit long sur l'impasse dans laquelle la France persévère contre toute logique.

En assumant "la vertu budgétaire au nom de l'indépendance", le Premier ministre fait un magistral contresens. La rigueur elle-même, motivée par le diktat des agences de notation, constitue une preuve de l'assujettissement du pouvoir aux injonctions de la finance mondialisée. Cette orthodoxie budgétaire dont François Fillon se fait l’ardent défenseur, produit, prolonge et aggrave la crise qu’elle prétend combattre.

L'évocation d'une réforme de l'assurance maladie, inspirée par une démarche comparable à celle sur les retraites, continue de défaire notre modèle d'égalité et de solidarité hérité du programme du conseil national de la Résistance. La remise en cause de la solidarité nationale affaiblira encore les couches populaires et les gens de peu, particulièrement exposés dans la tourmente de la crise.

Le discours de politique générale du Premier ministre donne la mesure de l'incurie du gouvernement et de la pensée monétariste dans laquelle notre Nation s’est depuis si longtemps enlisée. A défaut d’un changement de cap radical dans la politique de l’euro, la banque centrale de Francfort pourrait devenir le fossoyeur de la monnaie unique, dont l’avenir est gravement menacé.

Dans ces temps nouveaux, les citoyens peuvent dresser le constat de l’archaïsme des critères de convergences du Traité de Maastricht, qu’aucun pays de la zone euro n’est plus en capacité de respecter.

Le MRC demande au gouvernement d’infléchir vigoureusement la politique économique de la zone euro : gouvernement économique pesant en faveur d’un euro plus faible, relance de la consommation intérieure allemande, nouvelles réglementations bancaires et financières, protections commerciales face aux pays pratiquant le dumping social et environnemental. Sans cette profonde réorientation qui seule pourrait éviter un déclin dramatique de notre pays, il faudra se préparer pour la France à sortir de la zone euro et à reprendre en main son propre destin.

Jeudi 25 Novembre 2010
Le dernier sommet de l’OTAN à Lisbonne a consacré l’arrimage de la défense européenne aux intérêts des Etats-Unis. A l’instar du président du Conseil européen Herman Van Rompuy qui a fait preuve d’une servitude exemplaire dans son allégeance à l’OTAN en vantant le partenariat « stratégique » entre l’Union Européenne et l’Alliance Atlantique.
L’européisme béat traduit ainsi en mots l’abdication de toute politique d’indépendance au détriment des nations, pourtant seules dépositaires de la légitimité démocratique.

Sur les dossiers brûlants de l’Iran et de l’Afghanistan, la France a emboîté le pas aux Etats-Unis, quitte à devancer les velléités bellicistes des faucons du Congrès.

En pleine conférence de presse, le Président de la République a en effet déclaré sans coup férir : « la France appelle un chat un chat : la menace des missiles aujourd’hui, c’est l’Iran » ! Cet énième dérapage verbal de Nicolas Sarkozy était destiné à légitimer le projet américain de bouclier antimissiles déployé contre « l’ennemi » iranien. Comme l’a expliqué Nicolas Sarkozy, les Etats-Unis « proposent de fournir l’ensemble des systèmes satellites, radars, intercepteurs, et de placer le tout sous commandement allié ». S’il voit le jour, le bouclier entérinera la tutelle exercé par l’état-major américain sur l’armée française depuis son retour dans le commandement intégré de l’OTAN.

Quant à l’Afghanistan, l’imprécision des buts de guerre alliés laisse pantois. A l’heure où nos soldats meurent à Kaboul, le sommet de Lisbonne n’a rien filtré des objectifs stratégiques de la coalition. Se bat-on contre des adversaires clairement définis ? Ou contre une idéologie rétrograde qui bafoue quotidiennement les droits de l’homme, auquel cas la guerre devrait s’étendre au pays tout entier, au risque d’un bain de sang ?

Encore une fois, la mise en place d’un calendrier du départ des troupes de combat dépendra des Etats-Unis, seuls décideurs stratégiques de l’OTAN, sans autre forme de concertation. On parle de 2014 ou 2015…sans que la France n’ait son mot à dire - comme s’y était pourtant engagé Nicolas Sarkozy pour justifier notre plein retour dans l’OTAN !

L’hôte de l’Elysée enterre donc l’ambition d’une Europe européenne faite de nations souveraines et indépendantes.

N’est pas De Gaulle qui veut.
Mercredi 24 Novembre 2010
Le remaniement gouvernemental annoncé depuis six mois s’est enfin produit. Au terme de semaines de tractations, d’espoirs déçus et d’ambitions contrariées, le Président de la République a opté pour un gouvernement « ancré à droite pour 2012 ». C’est Le Figaro qui le titre ! Exit l’ouverture, il s’agit désormais de garantir un socle électoral solide au futur candidat à sa réélection.

Cet énième jeu de chaises musicales conforte logiquement le petit cercle des fidèles de Nicolas Sarkozy. Claude Guéant reste à l’Elysée pour doubler l’hôte de Matignon tandis que les ministres Chatel, Bachelot, Hortefeux et Lagarde sortent maintenus ou renforcés.

Et que dire des nouveaux venus ? La liste des ministres nouvellement nommés ou promus traduit l’habileté tactique du chef de l’Etat. Par le débauchage de Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République Solidaire, Nicolas Sarkozy déstabilise le camp villepiniste, déjà fragilisé par la défection de Georges Tronc.

S’ils prêtent à sourire, ces petits jeux politiciens exaspèrent les Français. Donner des os à ronger aux amis politiques du Président ne règle en rien l’état de désespérance sociale dans lequel la majorité de nos concitoyens reste enfermée.
Il n’y a aucun miracle à attendre de la déclaration de politique générale de François Fillon. Ce dernier a définitivement tiré un trait sur son passé gaulliste pour se muer en libéral dogmatique, simple exécutant des directives de Bruxelles ainsi que des desiderata du MEDEF et des agences de notations. Après une réforme des retraites menée tambour battant par un gouvernement avare de concertation sociale, les prochains chantiers risquent d’aggraver la casse des services publics à laquelle se livre le tandem Sarkozy-Fillon depuis trois ans. Mme Bachelot est censée panser les plaies des coupes budgétaires en initiant un projet de loi sur la dépendance qui prolongera sans doute la logique comptable des franchises médicales.

Concernant les grandes orientations internationales du gouvernement Fillon III, je ne me fais pas plus d’illusions. Le maintien d’un euro surévalué par la Banque Centrale Européenne mine notre industrie, en particulier dans nos campagnes en proie à des délocalisations massives. Mis en tutelle par notre retour dans le commandement intégré de l’OTAN, Alain Juppé aura fort à faire pour maintenir une armée déjà fragilisée par les restructurations en série. Sans parler de la poursuite aveugle d’une guerre sans objectif militaire précis en Afghanistan.

Au final, ce remaniement sans importance m’inspire ce commentaire : beaucoup de bruit pour rien…

Lundi 15 Novembre 2010
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L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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