Tribune publiée dans le numéro de janvier 2011 de Citoyens Militants : www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-numero-de-Citoyens-Militants-de-janvier-2011-consacre-a-la-sortie-de-La-France-est-elle_a213.html

Sept mois après la crise grecque, l’Irlande a obtenu l’aide du Fonds de Stabilité européen. 85 milliards d’euros lui seront prêtés afin de renflouer ses finances publiques durement ébranlées par l’absorption des dettes bancaires. En contrepartie, le peuple irlandais devra subir une cure d’austérité de 15 milliards d’économies prévues de 2011 à 2014. Alors même que le maintien de l’impôt sur les sociétés à un taux outrageusement bas pérennise le dumping fiscal pratiqué par l’Irlande au mépris de son propre peuple. Au prix d’une boîte aux lettres en Irlande, certains grands groupes délocalisent ainsi leur production dans des pays à faible coût de main d’œuvre.

L’Irlande n’est pas un cas isolé. Du fait de la hausse des taux d’emprunt, le Portugal et l’Espagne risquent à leur tour d’avoir recours au Fonds de Stabilité Européen. Or, ce mécanisme s’avère aussi inefficace qu’insuffisant. Sa contrepartie budgétaire contraint en effet les Etats à des plans d’austérité qui ajoutent la récession à l’endettement. Par un effet pervers, à mesure que décroît la confiance des marchés dans leur solvabilité, les taux d’emprunt obligataires flambent. De sorte qu’une éventuelle aide à l’Espagne mobiliserait à elle seule la totalité du Fonds européen de Stabilité !

Nous arrivons de toute évidence au bout du cycle de l’euro tel que l’ont géré la Banque Centrale Européenne et des gouvernements aux abonnés absents sur la politique de change. Pris dans les mailles d’une BCE obsédée par l’inflation, incapables de définir ensemble un niveau de change réaliste, les Etats subissent le contrecoup d’un euro surévalué qui favorise la seule Allemagne.

Hélas, la gauche française reste muette. Lors de la rencontre entre le PS et le MRC le 29 septembre dernier, Martine Aubry avait néanmoins exprimé à Jean-Pierre Chevènement sa volonté de « revenir sur l’indépendance de la banque centrale européenne ».
Pourtant, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI et possible candidat à l’élection présidentielle, appelle de ses vœux la «création d'une autorité budgétaire centralisée, aussi indépendante politiquement que la Banque centrale européenne » qui « fixerait les orientations budgétaires de chaque pays membre » . Cette solution technocratique aggraverait la dérive oligarchique de l’Europe. Entre Martine Aubry côté cour et Dominique Strauss Kahn côté jardin, qui croire ?

La gauche devrait incarner une alternative au capitalisme mondialisé. Pour cela, il faut modifier les règles de l’euro, ou, à défaut, recouvrer notre souveraineté monétaire. Encadrer l’endettement privé, assurer un contrôle partiel des banques en difficulté, renoncer à l’indépendance de la BCE et mener une politique de change conforme aux intérêts économiques européens face au dollar et au yuan sont les missions de la gauche.

A cette fin, la France devra ouvrir une négociation franche avec l’Allemagne pour mettre fin au dogme de l’euro fort. Sans cela, la désindustrialisation de l’économie française ne pourra que s’aggraver et les classes populaires seront condamnées à un appauvrissement croissant. Face à l’ampleur de la crise, la gauche doit refermer la « parenthèse » libérale ouverte en 1983. Faute de quoi, elle ne pourrait que s’aliéner durablement le soutien du peuple et particulièrement des classes populaires.
Mercredi 12 Janvier 2011

"Indignation, écoeurement, indécence"


COMMUNIQUE DE JEAN-LUC LAURENT

Je m’indigne de la situation créée par le recours politicien, piloté en sous-main par Valérie Pécresse,
contre Jean-Paul Huchon et pour lequel le rapporteur du Conseil d’Etat propose un changement de
jurisprudence, concluant à l’invalidation du président du conseil régional. L’interprétation que le
rapporteur fait de l’article L 52-1 est hors-sujet par rapport à la campagne d’affichage mise en
cause.

Les conséquences politiques d’une affiche -qui n’a pas déplacé une voix- seraient démesurées pour
l’Ile-de-France et pour Jean-Paul Huchon. Si la décision du Conseil d’Etat suivait les conclusions du rapporteur public, elle manquerait de cette lucidité élémentaire et du sens des proportions qui font la justice. Sans voie de recours.

Pour éviter le ridicule d’annuler une élection remportée avec 400 000 voix d’écart, le rapporteur public propose une grave sanction individuelle qui n’est pas digne de la démocratie locale, du travail des élus et du choix clair et net des citoyens.

Par ailleurs, les déclarations des responsables de l’UMP sont scandaleuses. Durant les élections régionales de 2010, les ministres candidats étaient partout et faisaient campagne aux frais de la République. En Ile-de-France dès 2007 l’ensemble de l’appareil d’Etat a été mobilisé pour bloquer la majorité régionale et préparer une élection que le Président de la République avait ciblée. La mobilisation de la communication gouvernementale sur le Grand Paris à l’automne 2010, relayée par sa candidate, mériterait un examen attentif. Entendre maintenant l’UMP se draper dans la « morale » est écoeurant. Les électeurs ont été cruels avec Mme Pécresse et les autres ministres candidats, la revanche sur tapis vert judiciaire n’en est que plus indécente.
Trop, c’est trop.
Mercredi 8 Décembre 2010
Sitôt reconduit dans ses fonctions au terme d'un interminable vaudeville, François Fillon a délivré un discours de politique générale, l’œil rivé sur la règle à calcul en guise de projet pour la France. L'obsession de la rigueur en dit long sur l'impasse dans laquelle la France persévère contre toute logique.

En assumant "la vertu budgétaire au nom de l'indépendance", le Premier ministre fait un magistral contresens. La rigueur elle-même, motivée par le diktat des agences de notation, constitue une preuve de l'assujettissement du pouvoir aux injonctions de la finance mondialisée. Cette orthodoxie budgétaire dont François Fillon se fait l’ardent défenseur, produit, prolonge et aggrave la crise qu’elle prétend combattre.

L'évocation d'une réforme de l'assurance maladie, inspirée par une démarche comparable à celle sur les retraites, continue de défaire notre modèle d'égalité et de solidarité hérité du programme du conseil national de la Résistance. La remise en cause de la solidarité nationale affaiblira encore les couches populaires et les gens de peu, particulièrement exposés dans la tourmente de la crise.

Le discours de politique générale du Premier ministre donne la mesure de l'incurie du gouvernement et de la pensée monétariste dans laquelle notre Nation s’est depuis si longtemps enlisée. A défaut d’un changement de cap radical dans la politique de l’euro, la banque centrale de Francfort pourrait devenir le fossoyeur de la monnaie unique, dont l’avenir est gravement menacé.

Dans ces temps nouveaux, les citoyens peuvent dresser le constat de l’archaïsme des critères de convergences du Traité de Maastricht, qu’aucun pays de la zone euro n’est plus en capacité de respecter.

Le MRC demande au gouvernement d’infléchir vigoureusement la politique économique de la zone euro : gouvernement économique pesant en faveur d’un euro plus faible, relance de la consommation intérieure allemande, nouvelles réglementations bancaires et financières, protections commerciales face aux pays pratiquant le dumping social et environnemental. Sans cette profonde réorientation qui seule pourrait éviter un déclin dramatique de notre pays, il faudra se préparer pour la France à sortir de la zone euro et à reprendre en main son propre destin.

Jeudi 25 Novembre 2010
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SELECTION

L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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Jean-Luc Laurent

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