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02/07/2011 11:15 - MRC
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Fraîchement élue présidente du Front National, Marine Le Pen déclarait urbi et orbi vouloir défendre les valeurs de la République. Exaltant indistinctement « les bâtisseurs de nos cathédrales, les codes de Bonaparte, les hussards noirs de la troisième république, les résistants de 40 ou les soldats de notre empire », son discours d’intronisation opérait un hold-up en règle sur les valeurs républicaines, en les mâtinant d’identité chrétienne. C’est là toute l’ambivalence de la fausse conversion républicaine du nouveau Front National. Sur fond de crise sociale, Marine Le Pen marie habilement la critique de la mondialisation avec la stigmatisation de nos compatriotes d’origine étrangère. Dans une France qui ne sait plus qui elle est ni où elle va, son discours rencontre un écho certain parmi nos concitoyens les plus modestes.
Plutôt que de traquer un illusoire danger populiste, il faut comprendre le refuge protestataire de ces exclus de la mondialisation, rarement partisans des solutions proposées par le Front National mais sensibles aux questions soulevées par sa présidente.
Depuis plus de vingt-cinq ans, l’extrême-droite prospère à mesure que la gauche a abandonné le peuple et la droite la nation. Pour la gauche, il est urgent d’incarner une alternative au règne du capitalisme mondialisé. En témoignent les dernières enquêtes d’opinion qui placent Marine Le Pen aux portes du second tour de l’élection présidentielle. A l’exception de Jean-Pierre Chevènement, rares sont les voix à mettre sur le tapis des problèmes aussi épineux que la crise de l’euro, la faillite du libre-échange, la gestion des flux migratoires ou l’accès à la citoyenneté. A ces questions complexes, Marine Le Pen donne des réponses simples, souvent déconnectées du réel : retour immédiat et unilatéral au franc, arrêt complet de l’immigration, interdiction de la double nationalité, etc. Les exemples sont légion. Au risque de l’incohérence, Marine Le Pen mêle allègrement identité et citoyenneté, laïcité et opprobre anti-musulmans, éloge humaniste des frontières et fantasme autarcique.
Hélas, au lieu de prendre à bras le corps tous ces sujets cruciaux, la gauche s’enferre dans une posture morale culpabilisant les électeurs du Front National. Se croyant le parti de l’intelligence, une certaine gauche cultive le mépris des couches populaires réfugiées dans l’impasse du vote contestataire.
Fustigeant à raison la politique de boutefeux de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse de mettre en scène ses propres échecs (insécurité, délocalisations, croissance molle), certains cercles sociaux-démocrates manient l’art du contrepied en cédant aux charmes du multiculturalisme institutionnel. Songeons à l’ineptie d’une « citoyenneté musulmane » avancée par Terra Nova. Cette assignation à résidence religieuse serait une véritable porte ouverte aux replis identitaires.
Cette stratégie délétère offre un pain bénit à l’extrême-droite. Non-contente de préempter la question sociale, Marine Le Pen peut ainsi reprendre à son compte l’antienne assimilatrice, loin de l’ethno-différentialisme traditionnel du FN.
Ainsi, pour la gauche, il serait suicidaire de privilégier la différence sur l’égalité, de segmenter la communauté nationale en groupes ethno-religieux fantasmés ou de reculer sur le terrain de la laïcité. Fût-ce sur un mode positif opposé à celui du Front National, l’assignation identitaire de nos compatriotes issus de l’immigration ouvre une boîte de Pandore. Du droit à la différence à la différence des droits, il n’y qu’un pas que la République ne saurait franchir pour garantir l’égalité de tous ses citoyens, sans distinction aucune.
Aujourd’hui encore plus d’hier, les Français ont faim de République. Viscéralement attachés à l’idée de Nation, ils ne résolvent pas à la dilution de notre pays dans le grand bain de la mondialisation libérale. Face aux paniques morales de nos concitoyens, rejetons avec autant de vigueur la démagogie simpliste et la politique de l’autruche. Pour redonner unité et espérance aux Français, la gauche devra créer du « commun » en réactualisant le pacte républicain qui nous lie les uns aux autres.
Plutôt que de traquer un illusoire danger populiste, il faut comprendre le refuge protestataire de ces exclus de la mondialisation, rarement partisans des solutions proposées par le Front National mais sensibles aux questions soulevées par sa présidente.
Depuis plus de vingt-cinq ans, l’extrême-droite prospère à mesure que la gauche a abandonné le peuple et la droite la nation. Pour la gauche, il est urgent d’incarner une alternative au règne du capitalisme mondialisé. En témoignent les dernières enquêtes d’opinion qui placent Marine Le Pen aux portes du second tour de l’élection présidentielle. A l’exception de Jean-Pierre Chevènement, rares sont les voix à mettre sur le tapis des problèmes aussi épineux que la crise de l’euro, la faillite du libre-échange, la gestion des flux migratoires ou l’accès à la citoyenneté. A ces questions complexes, Marine Le Pen donne des réponses simples, souvent déconnectées du réel : retour immédiat et unilatéral au franc, arrêt complet de l’immigration, interdiction de la double nationalité, etc. Les exemples sont légion. Au risque de l’incohérence, Marine Le Pen mêle allègrement identité et citoyenneté, laïcité et opprobre anti-musulmans, éloge humaniste des frontières et fantasme autarcique.
Hélas, au lieu de prendre à bras le corps tous ces sujets cruciaux, la gauche s’enferre dans une posture morale culpabilisant les électeurs du Front National. Se croyant le parti de l’intelligence, une certaine gauche cultive le mépris des couches populaires réfugiées dans l’impasse du vote contestataire.
Fustigeant à raison la politique de boutefeux de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse de mettre en scène ses propres échecs (insécurité, délocalisations, croissance molle), certains cercles sociaux-démocrates manient l’art du contrepied en cédant aux charmes du multiculturalisme institutionnel. Songeons à l’ineptie d’une « citoyenneté musulmane » avancée par Terra Nova. Cette assignation à résidence religieuse serait une véritable porte ouverte aux replis identitaires.
Cette stratégie délétère offre un pain bénit à l’extrême-droite. Non-contente de préempter la question sociale, Marine Le Pen peut ainsi reprendre à son compte l’antienne assimilatrice, loin de l’ethno-différentialisme traditionnel du FN.
Ainsi, pour la gauche, il serait suicidaire de privilégier la différence sur l’égalité, de segmenter la communauté nationale en groupes ethno-religieux fantasmés ou de reculer sur le terrain de la laïcité. Fût-ce sur un mode positif opposé à celui du Front National, l’assignation identitaire de nos compatriotes issus de l’immigration ouvre une boîte de Pandore. Du droit à la différence à la différence des droits, il n’y qu’un pas que la République ne saurait franchir pour garantir l’égalité de tous ses citoyens, sans distinction aucune.
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