Discours de commémoration du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu en Algérie.


Il y a 48 ans s’achevait un épisode douloureux de notre histoire.

Il y a 48 ans, prenait fin par les accords d’Evian, la guerre d’Algérie, qui opposa pendant 8 longues années, l’armée française et le peuple algérien qui luttait pour son indépendance.

Coté Français, fut évoqué pudiquement « les événements d’Algérie » comme si ce conflit ne pouvait être nommé. Coté algérien, il s’agissait d’une guerre de libération nationale qui déboucha le 5 juillet de la même année par la proclamation d’indépendance de ce qui allait devenir, une grande nation du continent africain. Quel qu’en fut le ressenti, pour chacun des deux camps, cette guerre fut une épreuve douloureuse qui a meurtri la mémoire commune de nos peuples.

Près de 50 ans plus tard, ce conflit résonne encore comme une incompréhension magistrale. La France, nation millénaire, est consciente des sacrifices et du long parcours que représente la conquête de l’indépendance, condition d’exercice de la pleine souveraineté. C’est ce chemin que le peuple algérien a entrepris.

La légitimité de cette histoire ne fait aucun doute mais elle n’autorise pas à condamner l’action de nos soldats. En Algérie, 25.000 soldats français sont tombés et plus de 2000 civils sont morts entre 1954 et 1962.Trop souvent, j’entends ici ou là des amalgames et le jugement unilatéral qui consiste à rendre l’armée française responsable. Responsable, le mot est lancé. Mais en République, ce sont les représentants élus, et donc le peuple, qui exercent la responsabilité des choix. Et c’est là que réside l’honneur, la grandeur de l’armée française : servir la Nation, ses choix et ses intérêts. En dehors de cette exigence, nous n’avons pas à faire à une armée, mais à des milices. Et nos soldats ont payé, du prix de ce qui leur était le plus précieux : leur vie.

Est-ce à dire que nous avons été collectivement irréprochables ? Je ne le pense pas. Et quelle Nation, quel peuple, pourrait se prévaloir d’une histoire vierge de sa part d’ombre ? L’histoire est teintée de nuances, pétrie de complexités qu’il me semble toujours grotesque de simplifier à l’outrance. Elle ne désigne pas une fois pour toute d’un coté des bourreaux absolus et de l’autre des victimes éternelles.

La construction a posteriori de l’enchaînement des faits traduit toujours davantage les intérêts du présent que le souci de vérité du passé. Je veux dire par là, qu’il est inopérant et inopportun que la guerre d’Algérie vienne 50 années plus tard, apporter des justifications confortables parce qu’elle aurait été une sorte de péché originel. L’histoire nous ordonne l’humilité. Elle nous regarde de haut et nous lègue des enseignements à la lumière desquels nous sommes armés pour bâtir le monde qui vient.

Cette conviction est une condition nécessaire pour tourner la page. Le temps est devenu celui de l’apaisement entre nos deux nations. Le temps est devenu celui de la mémoire qu’il ne faut pas confondre avec le jugement.

Au Kremlin-Bicêtre, nous rendons plus précisément hommage aux 40 Kremlinois tombés pendant cette guerre. Le sacrifice qui fut le leur nous oblige pour regarder vers l’avenir.
Hier ils ont rempli leur mission, donnant à la France, sa propre capacité d’action. Ils ont contribué activement à l’exercice de ce qu’elle a de plus noble : son indépendance.

N’oublions pas nos soldats, nos hommes, ceux qui perdirent à vingt ou vingt-cinq ans, l’espoir du lendemain et le bonheur de vivre. Le nôtre doit aujourd’hui encore quelque chose à leur sacrifice.

Voilà pourquoi le souvenir, le recueillement, est une promesse d’avenir.

Vive la paix
Vive la République
Vive la France

NOS VILLES

Vendredi 19 Mars 2010

Venu accompagné par un bus de militants kremlinois du MRC, je suis intervenu lors du meeting de rassemblement des forces de gauche et des écologistes pour le deuxième tour de l'élection régionale. Voici le texte intégral de mon intervention :


"Mes chers amis, chers camarades,

Dimanche, nous avons l'occasion de reprendre notre destin en main.
Avec Jean-Paul Huchon et le rassemblement de la gauche et des écologistes, nous avons un bon projet pour l'Ile-de-France. Un projet solidaire, Un projet ambitieux, un projet novateur. Un projet qui puise sa force dans le dialogue avec les citoyens.

Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse ont aussi un projet pour l'Ile-de-France. Ils l'ont forgé dans l'ombre des cabinets, sans consulter personne et le cachent derrière un slogan passe-partout, « Le Grand Paris », un slogan, un croquis et quelques images de synthèse.

Ce projet, c'est la métropole égoïste.
Un projet contre les citoyens et contre les élus qui les représentent. A l'occasion de la campagne électorale, ils tentent sans succès de le faire avaler aux franciliens, il faut bien du maquillage, bien du trucage pour parfaire cette mystification et cacher la nature inégalitaire et injuste de ce projet hors-sol qui a un objectif : inscrire l’Ile-de-France et la métropole dans la mondialisation libérale.

Si demain, les franciliens faisaient ce choix, le mauvais choix... ils se condamneraient à regarder passer les trains. Des trains vides parce que ce projet qui est mal-conçu avec ses gares tous les 5 km ne répond pas aux préoccupations des citoyens. Dimanche est donc une bataille décisive sur deux conceptions de l’Ile-de-France. Le message doit être clair, et si nous ne relâchons pas la pression, si nous poursuivons le travail de conviction jusqu'au bout, le message sera limpide.

Et dimanche soir, rien ne sera plus comme avant !

Avec Jean-Paul Huchon, nous proposons une région pour tous les franciliens. Une région solidaire face à la politique d’abaissement social permanent du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Une région attractive forte de ses talents, de ses capacités qu’il faut mobiliser pour le développement économique, la croissance et l’emploi. Une région qui fera face aux défis du futur avec des solutions innovantes.

Nous voulons que le dynamisme et l’attractivité de la région Ile-de-France profite à tous ses habitants, et non pas à quelques milieux d’affaires, à quelques quartiers sur-favorisés de l’ouest de la métropole francilienne.

Nous voulons une région qui protège, qui donne sa chance à chacun et qui prépare l’avenir de tous.

En poursuivant le travail commencé avec les socialistes, les communistes, les écologistes et toute la gauche rassemblée, nous voulons faire des régions des pôles d’égalité sociale et territoriale, de solidarité et de progrès en développant l’accès à l’emploi, au logement, aux transports, en défendant les services publics.

Dimanche, nous invitons les citoyens à dire non au démantèlement du pacte social, c’est l’avenir de la République qui est en jeu.

Dimanche le choix est simple.

Il n’y a pas d’un côté une campagne régionale et de l’autre une campagne nationale. Les deux sont liées. Intimement liées. C'est d'ailleurs le premier ministre qui fait campagne cette semaine, tous les jours et sans grande finesse.

Je suis un républicain. C'est à dire attaché à la puissance publique, convaincu de la nécessité de l'action de l'Etat en partenariat avec les collectivités locales. Il est douloureux de constater l’abaissement de l'Etat, d’en faire l'adversaire des collectivités locales et de faire de chaque ministre un candidat outrancier.
Comment accepter par exemple qu’un délégué interministériel, candidat à Paris et toujours en fonction, puisse par une campagne nauséabonde porter atteinte à l’autorité de l’Etat sans que le Président de la République et le 1er ministre ne le rappelle à ses devoirs.
Le jacobin que je suis ne peut accepter que des fonctionnaires de l’Etat deviennent des chiens de garde du pouvoir. Les valeurs du service public et le sens de l’Etat doivent être restaurés pour redevenir les outils de l’intérêt général.

Leur campagne a été minable, outrancière et trop souvent nauséabonde. Certains parmi nous ont eu à en souffrir. Je n’en citerai qu’un : le premier d’entre nous, Jean-Paul HUCHON.

Dimanche, c'est aussi un message de décence que nous devons envoyer au président, cette décence élémentaire qui chez nos gouvernants est ignorée et piétinée.
S'abstenir dimanche, c'est subir et continuer à subir cela.

Dimanche, en votant, avec un seul bulletin, vous votez deux fois. Une fois contre la politique du Président Sarkozy, une fois pour le projet de la gauche et des écologistes rassemblés conduite par Jean-Paul Huchon.

Voilà pourquoi avec Jean-Pierre Chevènement le MRC a apporté dès le 1er tour son soutien à Jean-Paul HUCHON.

Alors dimanche, citoyennes et citoyens : soyons au rendez-vous, soyons debout. En avant ! "

NOS VILLES

Vendredi 19 Mars 2010

Discours prononcé par Jean-Luc Laurent lors d'un meeting de la gauche unie pour les élections régionales à Créteil (Val de Marne)


Mes chers amis, chers camarades,

Quelle joie d’être réunis ce soir, de voir la gauche rassemblée dans ce beau combat régional. Quel honneur aussi d’être présent aux côtés de personnalités telles que Laurent Cathala, notre hôte, qui représente tant pour la gauche dans le Val-de-Marne. Notre présence à tous ici est le signe de la dynamique du rassemblement de la gauche, un rassemblement autour d’un projet progressiste qui ne laisse personne de côté.

Dans deux jours maintenant, les Val-de-marnais et tous les Franciliens désigneront leur nouvelle assemblée régionale. Après six ans de travail et, je l’affirme, de bon travail, et après plusieurs semaines de campagne électorale, les électeurs vont enfin se prononcer.

Cette campagne, nous l’aurions souhaitée plus sereine.
La campagne n’a pas été suffisamment élevée par la qualité du débat entre les listes en présence.

Pourquoi la droite a-t-elle agi ainsi ? Non pas parce qu’elle n’a pas de projet. Elle en a un. Mais elle préfère le garder dans l’ombre, le cacher derrière un slogan, un croquis et quelques images de synthèse. Ce projet, c’est celui de Christian Blanc qu’on essaie de nous vendre sous le nom de Grand Paris et d’un projet de loi qui ignore les citoyens et leurs représentants élus. Pour quoi le garder dans l’ombre ? Tout simplement parce qu’il est profondément inégalitaire et injuste.

La campagne de slogan permet de ne pas parler de l’essentiel ce projet ne concerne pas les franciliens ni les Val-de-marnais. Ce projet est hors-sol, coupé des habitants. De leurs attentes, de leurs besoins, de leurs aspirations et - comme le disait Jean-Michel Ribes hier soir au Cirque d’Hiver - de leurs rêves.

Dans le Val-de-Marne, il y a une seule chose qui intéresse la droite, c’est l’aéroport d’Orly. Avec le « Grand Huit », ce train électrique que Christian Blanc voudrait nous offrir, on ira cueillir les hommes d’affaires à la sortie de l’avion pour les conduire directement à La Défense où dans les futurs « pôles de compétitivité ». Mais les habitants du Val-de-Marne n’intéressent pas la Droite, parce que nous sommes un département de jeunes, d’étudiants, de travailleurs, dans une région solidaire et diverse. Nous serions donc condamnés à regarder passer les trains traversant nos territoires sans s’y arrêter. Ce projet de Grand Huit, qui est contre les citoyens, nous n’en voulons pas !

Avec Jean-Paul Huchon, au contraire, nous proposons une région pour tous les franciliens. Une région solidaire face à la politique d’abaissement social permanent du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Une région attractive forte de ses talents, de ses capacités qu’il faut mobiliser pour le développement économique, la croissance et l’emploi. C’est pour cela que nous avons proposé de construire ensemble ce « bouclier social » que doit être le conseil régional pour tous ceux que les politiques libérales et réactionnaires du gouvernement laissent de côté. Nous voulons, nous, que le dynamisme et l’attractivité de la région Ile-de-France profite à tous ses habitants, et non pas à quelques milieux d’affaires, à quelques quartiers sur-favorisés de l’ouest parisien. Nous voulons une région qui protège, qui donne sa chance à chacun et qui prépare l’avenir de tous.

Nous voulons faire des régions des pôles de solidarité et de progrès. C’est l’avenir de la République sociale qui est en jeu.

Le cœur de cette République sociale, ce sont les valeurs républicaines et les services publics. Les deux sont attaqués comme jamais. Comment ne pas mesurer les dégâts immenses résultant du désastreux débat sur l’identité nationale imposé par le gouvernement pendant plusieurs mois quand un des dirigeants de la droite M. LONGUET ose promouvoir au grand jour un mythique « corps français traditionnel » ? Comment ne pas être scandalisé par la mise en cause ignoble de Michèle Sabban qui a dû se faire rendre justice pour son honneur. Comment ne pas se révolter quand un candidat de la liste de la gauche rassemblée Ali Soumaré se voit stigmatisé, insulté, mis au pilori en raison de la couleur de sa peau ? La seule réponse pertinente à ces dérapages lamentables tient en deux mots république et laïcité ! Ce sont les valeurs républicaines de laïcité, de refus du racisme et de son corollaire, le communautarisme qui nous permettront, demain comme hier, en Ile-de-France comme ailleurs, de vivre ensemble c’est-à-dire de faire France, de faire citoyenneté donc de nous tourner collectivement vers l’avenir.

Je pourrais vous parler de logement, de l’engagement tenu de Jean-Paul Huchon de construire ou réhabiliter 240 000 logements et des 15 000 logements pour les jeunes et étudiants. Au-delà de ces chiffres l’essentiel est de voir que c’est le moyen de l’égalité. Egalité sociale et territoriale.

Et comment ne pas parler de la situation des services publics, cet autre pilier fondamental de notre République ? Là encore, face à un gouvernement défaillant, oublieux des fondements de notre République, la Région fait face ! Quand le gouvernement de Madame Pécresse réorganise sauvagement l’APHP, en supprimant des postes de personnels soignants, et en fermant des services, comme c’est le cas à Bicêtre, nous nous engageons, nous, à défendre le droit des franciliens à la santé et à l’accès égal aux soins, en y consacrant un milliard d’euros sur cinq and !

Que dire de la sécurité, quand la candidate de la droite essaie d’imputer à la majorité régionale la responsabilité de la dégradation de la sécurité en Ile-de-France, alors que c’est Nicolas Sarkozy qui a pris la responsabilité de supprimer la police de proximité, créée par Jean-Pierre Chevènement ! Je rappelle que le conseil régional d’Ile-de-France s’est engagé financièrement en faveur de la construction de commissariats et de bureaux de police dans des quartiers d’Ile-de-France qui en avaient besoin. Mais certains d’entre eux attendent toujours que des effectifs y soient affectés ! C’est le cas à La Courneuve par exemple où je me suis rendu durant la campagne voici quelques jours.

Dimanche le choix est simple.

Il n’y a pas d’un côté une campagne régionale et de l’autre une campagne nationale. Les deux sont liés !

Les franciliens ont la possibilité d’exprimer leur opposition à la politique du président de la République et au tour de vis social qui se prépare. Ils peuvent le faire en soutenant les équipes qui localement font vivre l’alternative, se battent au quotidien pour agir Les deux sont liés. Intiment lié.

Dimanche, en votant, avec un seul bulletin, vous votez dex fois. Une fois contre la politique du Président Sarkozy, une fois pour le Président Huchon.

Certains peuvent avoir envie de disperser, d’exprimer une sensibilité. Dommage car on a si bien travaillé ensemble pour les franciliens. Face à la machine UMP, il faut frapper fort dès le premier tour. Le second en découlera.

Le premier tour façonne le second,
Le premier tour structure la future majorité régionale.
Lui donne son assises, lui donne le cap.

Et c’est bien parce que nous voulons agir, et pas simplement poussez une gueulante, que dès dimanche nous voterons Jean-Paul Huchon et la liste de la gauche pour l’Ile-de-France qui rassemble le PS, le PRG, les amis de Robert Hue et le MRC que je représente.

NOS VILLES

Lundi 15 Mars 2010
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SELECTION

L'Euroréalisme doit conduire à la monnaie commune

Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Mes chers collègues,

La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.

Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.

Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.

Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.

Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.

Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.

Mais nous ne sommes pas des incendiaires.


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