Lors du dernier conseil national du MRC, j’ai annoncé la création d’un comité de campagne destiné à préparer la candidature républicaine de Jean-Pierre Chevènement en 2012.
Son dernier livre, La France est-elle finie ?, confirme l’acuité de ses analyses sur la mondialisation, l’avenir du modèle républicain et la place de la France dans une Europe réinventée.
Jean-Pierre Chevènement goûte peu les ambitions personnelles et les petites phrases. Son retour en force dans le débat public n’a qu’un objectif : faire gagner la France et les valeurs de la République en 2012.
En toute logique, les grands partis de gauche devraient incarner l’exigence sociale qui ancre notre République autour de la valeur égalité. Hélas, empêtrés dans leurs luttes d’appareil, les socialistes tiennent bien peu de cas des enjeux cruciaux à relever : crise de la zone euro, réindustrialisation, réussite de l’intégration.
Sur tous ces sujets, la gauche verse trop souvent dans l’antisarkozysme, croyant que la critique de la droite suffit à forger une alternative.
Il est temps de refermer la parenthèse sarkozyste, cette période de casse sociale inégalée, pour renouer avec les principes fondateurs de notre République sociale. Pour cela, la France a besoin d’un candidat à l’élection présidentielle qui porte un projet et incarne la Nation.
Ensemble, avec le Mouvement Républicain et Citoyen que j’ai l’honneur de présider, nous redoublerons d’efforts pour placer Jean-Pierre Chevènement, qui possède l’expérience pour le monde qui vient, en situation d’être l’homme de la Nation.
Son dernier livre, La France est-elle finie ?, confirme l’acuité de ses analyses sur la mondialisation, l’avenir du modèle républicain et la place de la France dans une Europe réinventée.
Jean-Pierre Chevènement goûte peu les ambitions personnelles et les petites phrases. Son retour en force dans le débat public n’a qu’un objectif : faire gagner la France et les valeurs de la République en 2012.
En toute logique, les grands partis de gauche devraient incarner l’exigence sociale qui ancre notre République autour de la valeur égalité. Hélas, empêtrés dans leurs luttes d’appareil, les socialistes tiennent bien peu de cas des enjeux cruciaux à relever : crise de la zone euro, réindustrialisation, réussite de l’intégration.
Sur tous ces sujets, la gauche verse trop souvent dans l’antisarkozysme, croyant que la critique de la droite suffit à forger une alternative.
Il est temps de refermer la parenthèse sarkozyste, cette période de casse sociale inégalée, pour renouer avec les principes fondateurs de notre République sociale. Pour cela, la France a besoin d’un candidat à l’élection présidentielle qui porte un projet et incarne la Nation.
Ensemble, avec le Mouvement Républicain et Citoyen que j’ai l’honneur de présider, nous redoublerons d’efforts pour placer Jean-Pierre Chevènement, qui possède l’expérience pour le monde qui vient, en situation d’être l’homme de la Nation.
A L'ASSEMBLEE
Mardi 15 Février 2011
Après la « Révolution populaire », ainsi que la nomment les Tunisiens, plus rien ne sera comme avant de l’autre côté de la Méditerranée. Contre l’inertie et l’attentisme, le peuple tunisien a démontré sa bravoure en renversant un pouvoir corrompu piétinant quotidiennement ses droits politiques et sociaux. Après Tunis, l’onde de choc a gagné Le Caire.
Plus rien ne sera comme avant. Pour la première fois, un peuple arabe a renversé son dictateur. Est-ce à dire qu’une page de démocratie et de prospérité s’ouvre irrémédiablement dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée ? Bien sûr que non. Ne soyons ni naïfs ni cyniques.
A l’aune des bouleversements en cours dans le monde arabe, se pose une multitude de questions, du gouffre entre économie réelle et chômage endémique -que Georges Corm dénonçait récemment à la tribune de la Fondation Res Publica- aux limites de la servitude volontaire, ce concept-valise qui sert opportunément de paravent aux dictatures «exotiques».
L’une des principales leçons de la Révolution tunisienne, que nos élites ont tue, est économique. Le soulèvement des jeunes chômeurs tunisien, piliers de la contestation, résulte notamment de la carence d’emplois à pourvoir dans l’industrie tunisienne. Il y a quelques années, au nom du libre-échange, l’Union Européenne a démantelé les Accords Multi Fibres. Jusqu’ici, ces derniers garantissaient des parts du marché européen aux industries textiles du Maghreb en contingentant les exportations asiatiques. Logiquement, l’abrogation de ce dispositif a multiplié les délocalisations en Asie et en Chine, au grand dam des travailleurs tunisiens ou marocains. Ce revirement lourd en conséquences en dit long sur la conception de la solidarité euro-méditerranéenne qui a cours à Bruxelles.
Dans le domaine diplomatique, Lady Ashton et ses comparses européistes oscillent entre une posture droit-de-l’hommiste déconnecté des peuples et le soutien à des autocraties d’un autre âge. Comme s’il n’existait pas de tierce mesure entre ingérence et cynisme, l’UE sacrifie le réel. Ces errances appellent une rupture réaliste.
En deux mots, l’Union Pour la Méditerranée (UPM) devra muter ou mourir. Dès le départ, ce montage improbable imposé par l’Allemagne entre les vingt-sept Etats européens- - riverains de la Baltique compris!- et dix-sept nations des rives sud et est de la Méditerranée frappait par son artificialité. Et pour cause : quoi de commun entre Vilnius et Beyrouth, Prague et Rabat ?
Depuis 2008, le volontarisme diplomatique de Nicolas Sarkozy s’est heurté à de sérieux obstacles dont il ne peut être tenu pour seul responsable (opération Plomb durci à Gaza, conflit algéro-marocain …). Reconnaissons au Président de la République le mérite d’avoir tenté de relancer un processus de Barcelone aux abois.
Mais faute de cohérence, le dynamisme se mue en vaine agitation. Comment prétendre défendre l’indépendance d’un bloc euro-méditerranéen lorsqu’on réintégre l’OTAN en catimini ?
Jusqu’ici, l’organisation pyramidale de l’UPM révèle le même vice de conception que l’Union Européenne. Croyant naïvement que la cohabitation entre un représentant israélien et ses homologues arabes au sein du secrétariat général suffirait à aplanir les difficultés, l’UPM a fait peu de cas des intérêts nationaux. Dans ces conditions, quoi d’étonnant à ce que l’Europe apparaisse comme un simple « guichet à subventions », suivant la cruelle formule du politologue Antoine Sfeir ?
Plutôt que de financer l’assèchement de marais et la construction de routes au Maghreb, objectifs par ailleurs fort louables, l’Union Pour la Méditerranée devrait porter par le co-développement une véritable ambition euro-arabe. La révolution patriotique tunisienne, qui s’est perpétrée au son de l’hymne national, illustre la proximité entre les idéaux républicains et certaines revendications citoyennes des peuples de l’autre rive. Dès lors que l’on renonce à l’ingérence, la coopération entre des nations libres et souveraines entre dans l’ordre des possibles.
Pour le prochain locataire de l’Elysée, quel qu’il soit, s’impose une révision profonde de la politique méditerranéenne. La longue suite d’erreurs d’appréciations auxquelles donna lieu la révolution tunisienne doit nous servir de leçon pour remettre la diplomatie franco-arabe sur pied. Au quai d’Orsay de traiter d’égal à égal nos riverains méridionaux et orientaux, à nos diplomates en poste sur place de consulter gouvernements, opposants et membres de la société civile afin de prendre le pouls de la situation locale. Ainsi refondue, la diplomatie française deviendrait la force motrice d’une politique de coopération euro-arabe ne faisant fi ni des réalités ni des libertés.
Plus rien ne sera comme avant. Pour la première fois, un peuple arabe a renversé son dictateur. Est-ce à dire qu’une page de démocratie et de prospérité s’ouvre irrémédiablement dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée ? Bien sûr que non. Ne soyons ni naïfs ni cyniques.
A l’aune des bouleversements en cours dans le monde arabe, se pose une multitude de questions, du gouffre entre économie réelle et chômage endémique -que Georges Corm dénonçait récemment à la tribune de la Fondation Res Publica- aux limites de la servitude volontaire, ce concept-valise qui sert opportunément de paravent aux dictatures «exotiques».
L’une des principales leçons de la Révolution tunisienne, que nos élites ont tue, est économique. Le soulèvement des jeunes chômeurs tunisien, piliers de la contestation, résulte notamment de la carence d’emplois à pourvoir dans l’industrie tunisienne. Il y a quelques années, au nom du libre-échange, l’Union Européenne a démantelé les Accords Multi Fibres. Jusqu’ici, ces derniers garantissaient des parts du marché européen aux industries textiles du Maghreb en contingentant les exportations asiatiques. Logiquement, l’abrogation de ce dispositif a multiplié les délocalisations en Asie et en Chine, au grand dam des travailleurs tunisiens ou marocains. Ce revirement lourd en conséquences en dit long sur la conception de la solidarité euro-méditerranéenne qui a cours à Bruxelles.
Dans le domaine diplomatique, Lady Ashton et ses comparses européistes oscillent entre une posture droit-de-l’hommiste déconnecté des peuples et le soutien à des autocraties d’un autre âge. Comme s’il n’existait pas de tierce mesure entre ingérence et cynisme, l’UE sacrifie le réel. Ces errances appellent une rupture réaliste.
En deux mots, l’Union Pour la Méditerranée (UPM) devra muter ou mourir. Dès le départ, ce montage improbable imposé par l’Allemagne entre les vingt-sept Etats européens- - riverains de la Baltique compris!- et dix-sept nations des rives sud et est de la Méditerranée frappait par son artificialité. Et pour cause : quoi de commun entre Vilnius et Beyrouth, Prague et Rabat ?
Depuis 2008, le volontarisme diplomatique de Nicolas Sarkozy s’est heurté à de sérieux obstacles dont il ne peut être tenu pour seul responsable (opération Plomb durci à Gaza, conflit algéro-marocain …). Reconnaissons au Président de la République le mérite d’avoir tenté de relancer un processus de Barcelone aux abois.
Mais faute de cohérence, le dynamisme se mue en vaine agitation. Comment prétendre défendre l’indépendance d’un bloc euro-méditerranéen lorsqu’on réintégre l’OTAN en catimini ?
Jusqu’ici, l’organisation pyramidale de l’UPM révèle le même vice de conception que l’Union Européenne. Croyant naïvement que la cohabitation entre un représentant israélien et ses homologues arabes au sein du secrétariat général suffirait à aplanir les difficultés, l’UPM a fait peu de cas des intérêts nationaux. Dans ces conditions, quoi d’étonnant à ce que l’Europe apparaisse comme un simple « guichet à subventions », suivant la cruelle formule du politologue Antoine Sfeir ?
Plutôt que de financer l’assèchement de marais et la construction de routes au Maghreb, objectifs par ailleurs fort louables, l’Union Pour la Méditerranée devrait porter par le co-développement une véritable ambition euro-arabe. La révolution patriotique tunisienne, qui s’est perpétrée au son de l’hymne national, illustre la proximité entre les idéaux républicains et certaines revendications citoyennes des peuples de l’autre rive. Dès lors que l’on renonce à l’ingérence, la coopération entre des nations libres et souveraines entre dans l’ordre des possibles.
Pour le prochain locataire de l’Elysée, quel qu’il soit, s’impose une révision profonde de la politique méditerranéenne. La longue suite d’erreurs d’appréciations auxquelles donna lieu la révolution tunisienne doit nous servir de leçon pour remettre la diplomatie franco-arabe sur pied. Au quai d’Orsay de traiter d’égal à égal nos riverains méridionaux et orientaux, à nos diplomates en poste sur place de consulter gouvernements, opposants et membres de la société civile afin de prendre le pouls de la situation locale. Ainsi refondue, la diplomatie française deviendrait la force motrice d’une politique de coopération euro-arabe ne faisant fi ni des réalités ni des libertés.
Communiqué de presse- 26 janvier 2011
Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre et conseiller régional délégué spécial pour le Grand Paris, se félicite de l’accord intervenu entre l’Etat et la Région sur le futur réseau de transport. Cet accord est issu des propositions faites par Jean-Paul Huchon et le Ministre de la Ville. Le travail de celui-ci a permis le début d’un dialogue, jusque là rendu impossible par la méthode de Christian Blanc.
« Il faut juger l’accord sur trois critères fondamentaux : la bonne articulation des investissements immédiats et futurs, le choix d’un tracé réaliste permettant la desserte fine du territoire et l’étanchéité des financements. »
Sur le fond, le tracé et le nombre de gares retenus permettent d’offrir un maillage fin du territoire et de desservir des territoires densément peuplés et souvent enclavés. Le désaccord sur Saclay reste entier mais a été neutralisé pour ne pas constituer un élément de blocage à ce stade. Dans cette négociation, la Région a parlé au nom de toutes les collectivités de la métropole francilienne (les conseils généraux qui financent les transports franciliens mais aussi les communes et les intercommunalités).
Dans une République décentralisée, l’investissement de l’Etat se devait de respecter l’autonomie des collectivités, autonomie politique et budgétaire. En aucun cas, les collectivités locales n’avaient à payer un « grand chantier » du Président de la République décidé de manière unilatérale.
« La négociation a permis de consolider le financement du Plan de Mobilisation (RER, bus, métros, tramways) qui répond ici et maintenant aux difficultés que rencontrent les franciliens et qu’ils ont exprimé dans toutes les débats publics depuis le 1er octobre. Tout le monde est gagnant : les franciliens d’aujourd’hui, l’Ile-de-France de demain et l’ensemble des collectivités locales dont Jean-Paul Huchon a défendu les intérêts ».
Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre et conseiller régional délégué spécial pour le Grand Paris, se félicite de l’accord intervenu entre l’Etat et la Région sur le futur réseau de transport. Cet accord est issu des propositions faites par Jean-Paul Huchon et le Ministre de la Ville. Le travail de celui-ci a permis le début d’un dialogue, jusque là rendu impossible par la méthode de Christian Blanc.
« Il faut juger l’accord sur trois critères fondamentaux : la bonne articulation des investissements immédiats et futurs, le choix d’un tracé réaliste permettant la desserte fine du territoire et l’étanchéité des financements. »
Sur le fond, le tracé et le nombre de gares retenus permettent d’offrir un maillage fin du territoire et de desservir des territoires densément peuplés et souvent enclavés. Le désaccord sur Saclay reste entier mais a été neutralisé pour ne pas constituer un élément de blocage à ce stade. Dans cette négociation, la Région a parlé au nom de toutes les collectivités de la métropole francilienne (les conseils généraux qui financent les transports franciliens mais aussi les communes et les intercommunalités).
Dans une République décentralisée, l’investissement de l’Etat se devait de respecter l’autonomie des collectivités, autonomie politique et budgétaire. En aucun cas, les collectivités locales n’avaient à payer un « grand chantier » du Président de la République décidé de manière unilatérale.
« La négociation a permis de consolider le financement du Plan de Mobilisation (RER, bus, métros, tramways) qui répond ici et maintenant aux difficultés que rencontrent les franciliens et qu’ils ont exprimé dans toutes les débats publics depuis le 1er octobre. Tout le monde est gagnant : les franciliens d’aujourd’hui, l’Ile-de-France de demain et l’ensemble des collectivités locales dont Jean-Paul Huchon a défendu les intérêts ».
Article co-écrit avec Pierre Mansat, Adjoint au Maire de Paris chargé de Paris Métropole. Publié dans le numéro 375 de la revue Urbanisme (novembre-décembre 2010)
Avec l’élaboration du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, l’ouverture d’un dialogue métropolitain par le maire de Paris, puis la création de Paris Métropole, mais aussi les initiatives du président la République aboutissant à la création d’un Secrétariat d’Etat à la Région Capitale… rarement les enjeux urbains n’ont été l’objet d’un débat aussi vaste et approfondi. La discussion est parfois mal posée et comme plombée par des comparaisons internationales peu rigoureuses. « Ville-monde », « mégapole », « ville globale »…les concepts élaborés par les sciences sociales passent dans le vocabulaire politique sous des formes polémiques. Certains agitent le spectre d’un décrochage parisien annoncé.
A l’inverse, Shanghai est présenté comme le phare urbain du jeune siècle. C’est avec ces éléments en tête qu’au sein de l’association Paris-Ile-de-France Shanghai nous avons conçu une semaine d’échanges franco-chinois à l’occasion de l’Exposition Universelle.
Laissant de côté les comparatifs internationaux délicats pour des villes s’inscrivant dans des histoires et des rythmes radicalement différents, nous avons privilégié les échanges entre praticiens français et chinois pour confronter leur manière d’appréhender le patrimoine urbain et naturel, le tourisme, le développement durable ou la question du financement. Pour conclure, la semaine une journée complète a été consacrée à la consultation internationale du Grand Paris en présence de sept des dix équipes.
Pour commencer, un paradoxe : Shanghai a de nombreux enseignements à livrer sur la question du patrimoine.. A l’ombre des séries de tours standards, impératifs commerciaux ou touristiques mais aussi défense du cadre de vie par des habitants organisés et revendicatifs adoucissent les mœurs urbanistiques de Shanghai. Ces luttes témoignent de la revendication des citadins qui refusent l’exclusion et la relégation. Nous avons aussi découvert que Paris et les villes occidentales n’avaient pas le monopole du phénomène de « gentrification » qui, de manière moins autoritaire et plus graduelle, conduit aussi à un strict séparatisme social.
Aujourd’hui, la défense du charme (ici) ou de l’âme (là-bas) des lieux dans les programmes d’aménagement comme dans le travail des architectes, marque la volonté de tisser le lien entre ce passé et le futur. La création ex nihilo perd du terrain y compris dans le rapport des villes à la nature. La ville n’est plus artificielle ou parfaitement segmentée. Entre la ville et la nature, il ne s’agit plus de négation ou de délimitation stricte. Non, un rapport complice s’établit, à travers le travail sur les plantations, les délaissés, les toits, ces rues où les arbres ne sont pas du mobilier urbain et où la lumière des néons de la rue de Nankin met en valeur le vol des chauves-souris. La condition urbaine est une expérience psychosensorielle qui n’est pas réduite au minéral des bâtiments mais enrichie au contact de la faune et de la flore (qui font l’objet de programme favorisant la biodiversité), des reliefs et du ciel.
Le fleuve reste à Shanghai, région deltaïque, un facteur important des mobilités. A Paris, cette fonction a été écartée trop fortement. L’expérience de Voguéo 3, comme les réflexions de plusieurs équipes d’architectes, le projet de reconquête des berges, vont dans le sens d’un retour au fleuve. Avec les transports en commun sur pneu ou sur rail et la civilisation de l’automobile, nos villes se sont ouvertes à des formes de mobilités démultipliées qui ont au final favorisé l’étalement de la ville. Bien sûr, les deux métropoles n’en sont pas au même point de leurs histoires. C’est un enjeu majeur de planification pour la métropole parisienne de faire les choix règlementaires, les conceptions d’infrastructure et les choix opérationnels qui limitent l’allongement des distances et favorise l’intensité urbaine. Dans un contexte de croissance mûre, la progression de l’empreinte urbaine de la région parisienne peut-être contrôlée.
Shanghai se situe dans une autre position où la densité relative et le choix de la hauteur ont permis d’absorber la croissance rapide de la population. Après avoir longtemps vécu dans un système où emplois et habitat allaient ensemble, Shanghai compte désormais des « commuters ». La force des métropoles est la profondeur de leur marché du travail. Toutefois, cet atout ne fonctionne pleinement que si les emplois, nombreux et diversifiés, sont accessibles. Sans souscrire au mythe du logement-lieu de travail, cette question est essentielle au bon fonctionnement métropolitain.
Saskia Sassen 4 rappelait récemment que si Pékin ou Shanghai étaient des villes globales, elles n’étaient pas des « villes-monde » mais seulement des « villes dans le monde » considérant que leur ouverture est encore limitée par rapport à ce que l’on connaît ailleurs, et particulièrement à Paris dont le cosmopolitisme est un atout. Les signes extérieurs d’uniformisation, en particulier dans les zones commerciales, ne doivent pas tromper. A travers l’Expo, on sent la double volonté de s’adresser au monde et à la vaste Chine dont Shanghai est une pointe avancée. Alors qu’elle est objectivement plus ouverte, la capitale de notre pays peine parfois à mettre en récit et à traduire en actes cette ouverture en offrant un accueil de qualité à ses visiteurs quelque soit la durée et la raison de leur séjour: le touriste d'affaire et le migrant..
La ville durable et solidaire, ne se construira pas et ne se financera pas sans croissance économique. La dynamique est nécessaire sans être suffisante. La maîtrise collective du développement urbain nécessite des outils d'investissement permettant la prise en compte du long terme et l'intégration des externalités négatives. Un système fiscal juste et efficace doit permettre de capter une partie des richesses produites par le développement urbain au profit des équipements collectifs, des services publics, de la qualité et de la durabilité urbaine. Nos interlocuteurs chinois témoignent d’un intérêt grandissant pour la boîte à outils de l’urbanisme opérationnel ou le logement social.
La question de la gouvernance se pose dans des conditions très différentes. A Shanghai, la ville a dû bâtir sa renaissance entre Pékin et Canton, dans un système fortement hiérarchisée. A l’échelle locale, Shanghai a aussi structuré sa région proche, bloquant quand il le fallait le développement du port de Ningbo. Autour de Paris, le système local est beaucoup plus souple et souffre à la fois de l’inachèvement de la décentralisation et d’un retour paradoxal de l’Etat, volontariste et désargenté. La métropole n’est pas seulement une agglomération physique mais bien un système où les échelles et les temporalités varient et s’articulent.
Aucune institution centrale dans aucune ville réelle n’est capable de prendre en charge de manière omnisciente et omni-compétente cette dynamique urbaine. Au polycentrisme métropolitain doit correspondre une polysynodie 5 où s’articulent les échelles et les rythmes, où se construisent les solidarités. Entre le « Paris de 1860» et l’échelle régionale, le syndicat Paris Métropole est aujourd’hui une interface en devenir, une scène politique favorisant à la fois le dialogue horizontal entre communes et l’articulation des niveaux de compétence avec la participation des départements et la Région.
Enfin, une nouvelle gouvernance métropolitaine se doit de prendre en compte les espaces voisins et périphériques qui n’ont pas vocation à la servitude.
Avec l’élaboration du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, l’ouverture d’un dialogue métropolitain par le maire de Paris, puis la création de Paris Métropole, mais aussi les initiatives du président la République aboutissant à la création d’un Secrétariat d’Etat à la Région Capitale… rarement les enjeux urbains n’ont été l’objet d’un débat aussi vaste et approfondi. La discussion est parfois mal posée et comme plombée par des comparaisons internationales peu rigoureuses. « Ville-monde », « mégapole », « ville globale »…les concepts élaborés par les sciences sociales passent dans le vocabulaire politique sous des formes polémiques. Certains agitent le spectre d’un décrochage parisien annoncé.
A l’inverse, Shanghai est présenté comme le phare urbain du jeune siècle. C’est avec ces éléments en tête qu’au sein de l’association Paris-Ile-de-France Shanghai nous avons conçu une semaine d’échanges franco-chinois à l’occasion de l’Exposition Universelle.
Laissant de côté les comparatifs internationaux délicats pour des villes s’inscrivant dans des histoires et des rythmes radicalement différents, nous avons privilégié les échanges entre praticiens français et chinois pour confronter leur manière d’appréhender le patrimoine urbain et naturel, le tourisme, le développement durable ou la question du financement. Pour conclure, la semaine une journée complète a été consacrée à la consultation internationale du Grand Paris en présence de sept des dix équipes.
Pour commencer, un paradoxe : Shanghai a de nombreux enseignements à livrer sur la question du patrimoine.. A l’ombre des séries de tours standards, impératifs commerciaux ou touristiques mais aussi défense du cadre de vie par des habitants organisés et revendicatifs adoucissent les mœurs urbanistiques de Shanghai. Ces luttes témoignent de la revendication des citadins qui refusent l’exclusion et la relégation. Nous avons aussi découvert que Paris et les villes occidentales n’avaient pas le monopole du phénomène de « gentrification » qui, de manière moins autoritaire et plus graduelle, conduit aussi à un strict séparatisme social.
Aujourd’hui, la défense du charme (ici) ou de l’âme (là-bas) des lieux dans les programmes d’aménagement comme dans le travail des architectes, marque la volonté de tisser le lien entre ce passé et le futur. La création ex nihilo perd du terrain y compris dans le rapport des villes à la nature. La ville n’est plus artificielle ou parfaitement segmentée. Entre la ville et la nature, il ne s’agit plus de négation ou de délimitation stricte. Non, un rapport complice s’établit, à travers le travail sur les plantations, les délaissés, les toits, ces rues où les arbres ne sont pas du mobilier urbain et où la lumière des néons de la rue de Nankin met en valeur le vol des chauves-souris. La condition urbaine est une expérience psychosensorielle qui n’est pas réduite au minéral des bâtiments mais enrichie au contact de la faune et de la flore (qui font l’objet de programme favorisant la biodiversité), des reliefs et du ciel.
Le fleuve reste à Shanghai, région deltaïque, un facteur important des mobilités. A Paris, cette fonction a été écartée trop fortement. L’expérience de Voguéo 3, comme les réflexions de plusieurs équipes d’architectes, le projet de reconquête des berges, vont dans le sens d’un retour au fleuve. Avec les transports en commun sur pneu ou sur rail et la civilisation de l’automobile, nos villes se sont ouvertes à des formes de mobilités démultipliées qui ont au final favorisé l’étalement de la ville. Bien sûr, les deux métropoles n’en sont pas au même point de leurs histoires. C’est un enjeu majeur de planification pour la métropole parisienne de faire les choix règlementaires, les conceptions d’infrastructure et les choix opérationnels qui limitent l’allongement des distances et favorise l’intensité urbaine. Dans un contexte de croissance mûre, la progression de l’empreinte urbaine de la région parisienne peut-être contrôlée.
Shanghai se situe dans une autre position où la densité relative et le choix de la hauteur ont permis d’absorber la croissance rapide de la population. Après avoir longtemps vécu dans un système où emplois et habitat allaient ensemble, Shanghai compte désormais des « commuters ». La force des métropoles est la profondeur de leur marché du travail. Toutefois, cet atout ne fonctionne pleinement que si les emplois, nombreux et diversifiés, sont accessibles. Sans souscrire au mythe du logement-lieu de travail, cette question est essentielle au bon fonctionnement métropolitain.
Saskia Sassen 4 rappelait récemment que si Pékin ou Shanghai étaient des villes globales, elles n’étaient pas des « villes-monde » mais seulement des « villes dans le monde » considérant que leur ouverture est encore limitée par rapport à ce que l’on connaît ailleurs, et particulièrement à Paris dont le cosmopolitisme est un atout. Les signes extérieurs d’uniformisation, en particulier dans les zones commerciales, ne doivent pas tromper. A travers l’Expo, on sent la double volonté de s’adresser au monde et à la vaste Chine dont Shanghai est une pointe avancée. Alors qu’elle est objectivement plus ouverte, la capitale de notre pays peine parfois à mettre en récit et à traduire en actes cette ouverture en offrant un accueil de qualité à ses visiteurs quelque soit la durée et la raison de leur séjour: le touriste d'affaire et le migrant..
La ville durable et solidaire, ne se construira pas et ne se financera pas sans croissance économique. La dynamique est nécessaire sans être suffisante. La maîtrise collective du développement urbain nécessite des outils d'investissement permettant la prise en compte du long terme et l'intégration des externalités négatives. Un système fiscal juste et efficace doit permettre de capter une partie des richesses produites par le développement urbain au profit des équipements collectifs, des services publics, de la qualité et de la durabilité urbaine. Nos interlocuteurs chinois témoignent d’un intérêt grandissant pour la boîte à outils de l’urbanisme opérationnel ou le logement social.
La question de la gouvernance se pose dans des conditions très différentes. A Shanghai, la ville a dû bâtir sa renaissance entre Pékin et Canton, dans un système fortement hiérarchisée. A l’échelle locale, Shanghai a aussi structuré sa région proche, bloquant quand il le fallait le développement du port de Ningbo. Autour de Paris, le système local est beaucoup plus souple et souffre à la fois de l’inachèvement de la décentralisation et d’un retour paradoxal de l’Etat, volontariste et désargenté. La métropole n’est pas seulement une agglomération physique mais bien un système où les échelles et les temporalités varient et s’articulent.
Aucune institution centrale dans aucune ville réelle n’est capable de prendre en charge de manière omnisciente et omni-compétente cette dynamique urbaine. Au polycentrisme métropolitain doit correspondre une polysynodie 5 où s’articulent les échelles et les rythmes, où se construisent les solidarités. Entre le « Paris de 1860» et l’échelle régionale, le syndicat Paris Métropole est aujourd’hui une interface en devenir, une scène politique favorisant à la fois le dialogue horizontal entre communes et l’articulation des niveaux de compétence avec la participation des départements et la Région.
Enfin, une nouvelle gouvernance métropolitaine se doit de prendre en compte les espaces voisins et périphériques qui n’ont pas vocation à la servitude.
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